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Un blason à redorer et un possible recours collectif

Le Mouvement Desjardins fait face à une crise sans précédent dans son histoire

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 Le Mouvement Desjardins fait face à une crise sans précédent dans son histoire. L’image de l’organisation est ternie et l’institution financière s’expose à un recours collectif. 

 Hier, la coopérative de Lévis a fait savoir que les données personnelles de 2,9 millions de membres et entreprises avaient été dérobées. 

 Selon des experts des finances et de l’image de marque, Desjardins devra mettre les bouchés doubles au cours des prochains mois pour redorer son blason. L’organisation devra notamment investir des centaines de milliers de dollars, voire des millions, en publicité et en communication pour rassurer ses membres. 

 La coopérative devra aussi faire face à ses concurrents qui pourraient essayer de profiter de cette situation pour dénicher de nouveaux clients. 

 « C’est un impact d’image. La grande question, c’est comment les membres vont réagir ? Cela ébranle la confiance », avance Jean Roy, professeur au département de finance à l’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC Montréal). 

 « Cela peut aussi avoir des conséquences financières. J’espère qu’elle [l’entreprise] considère la situation comme une crise », poursuit-il. 

 Un point de vue partagé par la professeure Caroline Lacroix du département de marketing à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle estime que cette situation va atteindre négativement l’image de Desjardins. 

 « On parle de l’argent des gens et de données personnelles. Cela va générer de la crainte, dit-elle. Desjardins a investi beaucoup d’argent dans sa réputation. Là, elle va en prendre un méchant coup. Je pense qu’il va y avoir des gens qui vont tourner le dos à l’organisation », ajoute-t-elle. 

 Devant les tribunaux 

 Quant à la question des poursuites, deux avocats ont confirmé que ce dossier pourrait se retrouver devant les tribunaux. 

 L’un d’entre eux rappelle le cas de la chaîne hôtelière Marriott qui fait face à des demandes d’action collective après avoir été victime d’un piratage qui a touché près de 500 millions de ses clients. 

 « Ce genre de situation donne fréquemment lieu à une action collective. Desjardins pourrait être tenu responsable, car c’était l’un de ses employés. C’est très similaire à plusieurs autres cas », affirme Me Jérémie John Martin, du cabinet Champlain Avocats. 

 Chez Morency Avocats, Me Luc Paradis est aussi d’avis qu’il pourrait y avoir matière à poursuite. 

 Il estime toutefois que le plaignant devra prouver que cette fuite a eu un impact. 

 « Si un particulier veut se plaindre, il devra prouver qu’il y a un dommage. Une personne pourrait aussi intenter un recours collectif. Si la cour accepte d’entendre la cause, il faut que la cause permette à un juge de donner des dommages. Il faudra aussi voir comment on évalue les dommages », conclut-il.