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Anna: un vrai massacre

Anna: un vrai massacre
Photo AFP, Alberto Pizzoli

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Malheureusement, Luc Besson signe un bien mauvais film, car Anna est l’illustration même d’un ratage magistral, d’une errance dans des thèmes maintes fois explorés et désormais surexploités.

Anna Poliatova (Sasha Luss, mannequin d’une maigreur incompatible avec la musculature nécessaire pour ses scènes d’action) est, comme son nom l’indique, d’origine russe. Découverte dans un marché moscovite par un chasseur de talents, elle intègre une agence de mannequins en France et tue un homme d’affaires.

Ce que l’on apprend au cours de l’un des trop nombreux retours dans le passé, c’est que cette fille de militaire a été engagée par le KGB. Elle est suivie par Alex Tchenkov (Luke Evans) et supervisée par la main de fer d’Olga (Helen Mirren). Mais au cours d’une mission, voilà qu’elle est approchée par la CIA en la personne de Lenny Miller (Cillian Murphy), qui lui propose de devenir agent double.

Pour mieux faire passer cette intrigue filiforme, Luc Besson a cru bon de faire de ce film d’action et d’espionnage un simili suspense en distillant des informations par le biais de nombreux retours en arrière. C’est ainsi qu’on apprend le recrutement d’Anna par le KGB et la CIA, l’un des rebondissements avec Olga, la mort de ses parents, sa passion pour les échecs, etc. Cela donne rapidement un côté tellement ridicule que les journalistes présents au visionnement ont commencé à rire au bout d’un quart d’heure.

Mais le massacre ne s’arrête pas là. Sasha Luss est, dans toutes les scènes – y compris celles des combats –, une automate inexpressive. Recrutée par Luc Besson (on connaît sa propension de découvreur d’actrices, tant avec Maïwenn Le Besco qu’avec Milla Jovovich), qui lui a aussi donné un petit rôle dans Valérian et la cité des mille planètes, la jeune femme ne sait visiblement pas jouer. Son inexpérience se fait également sentir dans les scènes d’action, les coupes au montage y étant visibles. Quant à Luke Evans et Cillian Murphy, ils s’acquittent honnêtement de leurs rôles secondaires, mais seule Helen Mirren (et encore) parvient à intéresser un peu.

C’est le personnage d’Anna qui dérange le plus. Femme forte faible – l’un de ces oxymores dont Besson raffole –, elle assène le coup de poing en porte-jarretelles (si, si) ou sort le pistolet vêtue d’un corset, avant de se prélasser sur une plage avec sa petite amie ou de coucher avec l’agent du KGB, puis avec celui de la CIA. Car oui, la «badass» de Besson a des relents de femme-objet, ce qui hérisse plus que tout.

Note: 1 sur 5