/news/transports
Navigation

Bye Bye pont Champlain

Les automobilistes pourront circuler en direction de Montréal sur la nouvelle structure dès lundi matin

Coup d'oeil sur cet article

 

 À l’aube de l’ouverture du nouveau pont Samuel-De Champlain, les maires des deux côtés du fleuve disent un « bon débarras » bien senti à l’ancienne structure et aux maux de tête qu’elle leur a causés depuis près d’une décennie.  

  

 

 « Bon débarras, et vivement le nouveau pont Champlain », lance la mairesse de Brossard, Doreen Assaad, dans un soupir de soulagement.  

 

 « Le vieux pont Champlain, je ne serai pas triste de le voir partir, déclare pour sa part Jean-François Parenteau, maire de l’arrondissement de Verdun à Montréal (qui inclut L’Île-des-Sœurs). On est rendu au point “bon débarras au vieux, vivement le nouveau”. » 

   

 

 Des années de maux de tête  

 

 Dès lundi matin, les automobilistes pourront rouler en direction de Montréal sur la structure flambant neuve de 4,5 milliards $.  

 

 Quatre jours plus tard aura lieu une cérémonie d’inauguration officielle.  

 

 Puis, le 1er juillet, les automobilistes pourront y circuler en direction sud.  

 

 Pour les résidents du Grand Montréal, c’est près d’une décennie de calvaire qui s’achève, tant sur le plan politique que celui de la mobilité. Rappelons certains des événements marquants :  

 

 ♦ Déjà en 2004, la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI) avait de vives inquiétudes par rapport à l’état de l’ouvrage inauguré en 1962. Mais ce n’est que deux ans plus tard que ces craintes ont été communiquées à Ottawa, qui a ensuite attendu cinq ans (2011) avant d’annoncer la construction d’un nouveau pont.  

 

 ♦ Entre-temps, l’état de la vieille structure a continué de se dégrader, entraînant une série de travaux et de fermetures.  

 

 « Sur les 40 travées inspectées en deux ans [au-dessus de la voie maritime], il apparaît que plus de 60 % [...] comportent des défauts importants, d’où l’attribution d’une cote de comportement 1 [la pire possible] à ces travées », peut-on lire dans un rapport d’inspection daté de 2013, révélé par Le Journal.  

 

 Il a donc fallu dépenser au moins un demi-milliard de dollars de fonds publics pour garder le pont sur le respirateur artificiel jusqu’à aujourd’hui.  

 

 ♦ La construction du nouveau pont a aussi été teintée par deux controverses, gracieuseté de l’ex-gouvernement conservateur fédéral. Premièrement, l’imposition prévue d’un péage (ensuite éliminé par les libéraux), et deuxièmement, le nom de l’ouvrage (qui a failli s’appeler le pont Maurice-Richard).  

 

 ♦ Même la construction de la nouvelle structure n’a pas été de tout repos. Elle ouvrira lundi avec six mois de retard, et les entraves et inconvénients aux automobilistes ont été majeurs.  

 

 « Au niveau de la planification, il ne faudrait jamais reproduire ce qui est arrivé ; d’attendre jusqu’à la fin [de vie du pont] comme ça et d’injecter 500 M$ dans un pont qu’on va démanteler. On est à veille de déconstruire un actif dans lequel on a dû mettre un demi-milliard de dollars. Mettons-le à l’écrit : à ne plus faire », analyse M. Parenteau.  

 

 Pas fini pour Brossard  

 

 Même si elle a hâte de célébrer l’événement « historique » de l’ouverture du nouveau pont, la mairesse de Brossard dit que ses citoyens en ont encore pour quelques années de chantiers à supporter.  

 

 En effet, la déconstruction du vieux pont durera près de quatre ans, principalement pour des raisons environnementales.  

 

 « Les citoyens me parlent beaucoup de leurs inquiétudes par rapport aux sorties [de camions] pendant la déconstruction, dit Mme Assaad. Les citoyens s’inquiètent beaucoup de l’enjeu du bruit. On ne sait pas ce que sera le nombre de décibels. »  

 

 « La journée d’ouverture sera une célébration, mais c’est la suite qui nous inquiète aussi », résume-t-elle.