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Investir dans le Groupe Maurice

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Q. Le Groupe Maurice vient d’être vendu à des Américains. Peut-on y investir ?


R. Oui (indirectement), et c’est même un très bon investissement.

Début juin, à cause d’une chicane d’actionnaires, Luc Maurice, président et fondateur du Groupe Maurice, a dû vendre en catastrophe 85 % de l’entreprise à une fiducie de revenu (REIT) américaine cotée en bourse, Ventas (VTR), qui a allongé 2,4 milliards $ pour ce fleuron du Québec inc. Le fondateur conserve le solde des actions et le contrôle de la gestion et du développement, qui occupent 2000 employés.

Groupe Maurice, c’est un des plus gros joueurs québécois de l’industrie des résidences pour retraités (9 % du marché). On parle de 34 résidences d’environ 300 à 400 unités chacune, et quatre en chantier. Mais Groupe Maurice est un nain de son industrie à l’échelle nord-américaine. En comparaison, le nouveau propriétaire, Ventas, a une capitalisation boursière de 24,3 G$ US.

Cette comparaison est toutefois boiteuse, car Ventas, dont les 500 employés sont basés à Chicago, compte 1200 propriétés dans de nombreux domaines : résidences pour personnes âgées (55 % du portefeuille), hôpitaux, bureaux médicaux, centres de réadaptation ou de soins de longue durée, centres de recherche médicaux universitaires, etc.

Je considère que Ventas est un titre parfait pour un investisseur à long terme. Le rendement sur l’avoir des actionnaires annuel composé est de 23 % depuis 2000, et le dividende annuel moyen par action est de 8 % depuis 2001. Le rendement, aujourd’hui, est de 4,93 % pour un dividende de 3,17 $ l’action (comparativement à 2,05 $ en 2009 : celui-ci augmente chaque année depuis 10 ans).

Ventas fut fondée en 1998 et est inscrite au classement Fortune 1000.

Bien gérée

Comme c’est une fiducie de revenu, on retiendra que Ventas a redistribué 86 % de ses profits des douze derniers mois ; 88 % de ses liquidités de 2018 ont été canalisées vers le dividende. Le flux de trésorerie totalise 1,4 G$ US. Certains analystes estiment qu’il en reste bien peu pour entretenir ses immeubles et qu’un endettement accru guette l’entreprise, d’autant plus que la dette de 10,9 G$ US est jugée élevée, malgré des revenus de 9,21 G$ US. De fait, les revenus n’ont cru que de 0,03 % par année depuis cinq ans...

La dette comparée aux actifs est toutefois modeste, à 36 %, et les échéances à court terme ne représentent que 12 % de la dette totale. Sur cette base, plusieurs analystes et financiers considèrent que l’entreprise est bien gérée.

La grande patronne, Debra Cafaro, est d’ailleurs une vedette de l’industrie immobilière américaine, reconnue comme la CEO la plus performante au monde par la Harvard Business Review. Son fait d’armes le plus marquant : avoir prédit la crise immobilière de 2008 et avoir accumulé des réserves suffisantes pour passer à travers sans que Ventas en soit affectée.

Le PEG 5 ans (Thomson Reuters) est de 7,15 et le ratio cours/bénéfice est de 51,39. Plus de 91 % des actions sont détenues par des investisseurs institutionnels, notamment Vanguard, Blackrock, State Street, JP Morgan Chase ou Fidelity.


Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par Le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.


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