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Mexico: la populaire maison de Diego Rivera

Les fresques de Diego Rivera ont su combiner l’art précolombien et le souci socialiste de dépeindre le vrai monde des travailleurs.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Les fresques de Diego Rivera ont su combiner l’art précolombien et le souci socialiste de dépeindre le vrai monde des travailleurs.

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Ce peintre a tellement marqué son pays, le Mexique, que le billet de 500 pesos arbore son portrait... plus précisément : son ­autoportrait. Amoureux et époux d’un autre peintre fétiche du Mexique, Frida Kahlo, sa vie n’est pas de tout repos. Non seulement cette dernière a une liaison ­amoureuse avec le dissident soviétique Léon Trotsky réfugié à Mexico, mais lorsque ce dernier survit à une tentative d’assassinat, Rivera, le mari jaloux, est ­soupçonné... Il doit s’exiler !

La file d’attente témoigne de la popularité des artistes Rivera et Kahlo !
Photo courtoisie, Gilles Proulx
La file d’attente témoigne de la popularité des artistes Rivera et Kahlo !

 

Par ailleurs, ceux qui le dénigraient lui reprochaient de souvent fuir pour l’étranger. Il était en Europe (en train de se former auprès de Picasso) pendant la Révolution mexicaine des années 1910... qu’il a donc ratée ! Beaucoup de militants ­révolutionnaires le réprouvaient en le ­jugeant bourgeois.

Le très « gauchiste » Rivera a aussi des émules au Québec. J’ai croisé ces sympathiques compatriotes, dont l’un portait un chandail 
contre La Meute, à Mexico.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Le très « gauchiste » Rivera a aussi des émules au Québec. J’ai croisé ces sympathiques compatriotes, dont l’un portait un chandail contre La Meute, à Mexico.

Pourtant, si son œuvre a tellement ­marqué son pays, et le monde entier, c’est en raison de son génie qui ­combine la culture indigène préhispanique et la fresque socialiste. Rapidement, le ­gouvernement lui octroie des contrats. Si l’Église catholique a su se mélanger avec la culture autochtone pour vraiment ­conquérir les cœurs, le socialisme ne ­pouvait-il pas faire de même et ­s’imprégner des mythes et légendes aztèques et incas ?

L’un des nombreux tableaux qui ornent la demeure du peintre.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
L’un des nombreux tableaux qui ornent la demeure du peintre.

Devant une fresque de Diego Rivera, on est forcé de reconnaître que sa peinture est infiniment supérieure aux hideuses représentations soviétiques. Beaucoup de communistes purs et durs lui reprochaient son « rousseauïsme » ou son idéalisation des mœurs ancestrales, alors que lui n’avait connu que le luxe et le monde moderne.

À Mexico, j’ai visité sa maison, convertie en musée. C’est une figure si populaire qu’une file d’attente décourageante attendait les curieux. Ses tableaux se vendent une fortune ! Quelle destinée incroyable !