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Anaïs Barbeau-Lavalette de retour derrière la caméra pour tourner La déesse des mouches à feu

La réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette (Inch’Allah, Le Ring) sur le plateau de tournage de son prochain film, La déesse des mouches à feu.
Photo Chantal Poirier La réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette (Inch’Allah, Le Ring) sur le plateau de tournage de son prochain film, La déesse des mouches à feu.

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MCMASTERVILLE | Huit ans après la sortie de son dernier long métrage de fiction, Inch’Allah, la réalisatrice et artiste multidisciplinaire Anaïs Barbeau-Lavalette est de retour derrière la caméra pour tourner son prochain film, La déesse des mouches à feu, une adaptation du roman éponyme de l’auteure Geneviève Pettersen. Le Journal a visité le plateau de tournage. 

Dans une petite zone boisée située tout près de la rivière Richelieu, Anaïs Barbeau-Lavalette s’apprête à tourner toute la nuit avec un petit groupe de jeunes acteurs. La cinéaste ne cache pas sa fatigue (elle entreprend une troisième nuit de tournage d’affilée), mais on note surtout l’enthousiasme et la belle énergie qui règnent sur son plateau. 

La déesse des mouches à feu nous plongera à Chicoutimi-Nord, en 1996. Le film scénarisé par Catherine Léger (Charlotte a du fun) suivra le parcours de Catherine (Kelly Dépeault), une jeune fille de 16 ans qui entre de plein fouet dans l’adolescence au moment où ses parents (Caroline Néron et Normand D’Amour) se séparent. 

Anaïs Barbeau-Lavalette dit avoir eu un coup de cœur pour le roman de Geneviève Pettersen peu de temps après sa publication, en 2014. 

« J’ai un petit libraire à côté de chez moi qui me suggère souvent des romans et il m’a mis ce livre-là entre les mains en pensant peut-être que ça pourrait m’intéresser d’en faire un film », indique la réalisatrice. 

« Je l’ai lu en une nuit et le lendemain, j’appelais le producteur Luc Vandal pour lui dire que je pensais que ça ferait un bon film et même un film nécessaire. Je crois que le film de ma génération n’a pas encore été raconté et que La déesse pourrait être ça. 

« Je me suis tellement reconnue dans cette histoire. Ça parle de la génération grunge, punk, Nirvana... Les références musicales sont très fortes, mais il y a aussi les références identitaires, les vêtements, les films de cette époque-là... » 

« Ça parle donc à une génération en particulier, mais pour moi, ce qui est encore plus intéressant, c’est la justesse du récit et du vertige adolescent qu’on retrouve dans ce roman. Ce vertige, quand tu le vis, tu ne sais pas que tu es dans une chute. Les gens autour du personnage de Catherine croient qu’elle est en train de chuter, mais Catherine, elle, prend son envol. Elle prend son envol dans la vie. C’est un envol un peu douloureux et tout croche. C’est glissant et dangereux, mais elle ne le vit pas comme quelque chose de douloureux. C’est un film sur les premières fois : les premiers trips de drogue, les premières amours, les premiers trips à trois. Et c’est le fun les premières fois, c’est enivrant. Je n’ai pas l’impression de raconter un drame. »

Grandir en région 

Anaïs Barbeau-Lavalette, Catherine Léger et Geneviève Pettersen ont sensiblement le même âge (la fin trentaine) et ont donc vécu leur adolescence à la même période, dans les années 1990. 

Geneviève Pettersen ne cache pas qu’elle a beaucoup puisé dans ses souvenirs d’adolescence pour écrire ce roman qui a lancé sa carrière d’auteure il y a cinq ans. Mais pour elle, La déesse des mouches à feu évoque aussi les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes qui grandissent en région à l’étape de l’adolescence. 

« Ce qui donne lieu à toutes les dérapes du personnage de Catherine, c’est le sentiment de ne pas être comme les autres et d’être enfermée dans un endroit où il y a juste un mode de vie », explique Geneviève Pettersen. 

« J’ai écrit ce livre-là parce que j’avais lu Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée et L’herbe bleue. Mais j’ai aussi voulu écrire un livre sur ce que ça représente de grandir en région. Je voulais montrer c’était quoi être une ado à Chicoutimi dans ce temps-là, à sniffer du gaz et faire du motocross ben stone sur la mescaline. Parce que c’était ça, dans mon temps. Et pas juste un peu. C’était un problème généralisé de santé publique. Le livre est sorti en 2014 et encore aujourd’hui, je reçois un ou deux courriels par semaine de gens qui ont grandi en région et qui me disent que ça ressemble à leur adolescence. J’ai l’impression que j’ai raconté l’histoire d’une vraie personne sans l’édulcorer, et c’est peut-être ce qui a tant touché les gens. »  

 ► Le tournage du film La déesse des mouches à feu a débuté le 27 mai et se poursuivra jusqu’à la mi-juillet. 

 ► Le long métrage devrait prendre l’affiche l’an prochain.