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L’ingénierie au service des pêcheurs

Ce hors-bord s’est redressé sur son support après un test d’impact à une vitesse équivalant à près de 60 km/h.
Photos courtoisie, Mercury Marine Ce hors-bord s’est redressé sur son support après un test d’impact à une vitesse équivalant à près de 60 km/h.

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Lorsqu’on tourne la clef d’ignition d’un hors-bord ou qu’on tire la corde, on s’attend à ce qu’il démarre.

Nous apprécions tous le bon fonctionnement de ce type de moteur. Peu de gens savent toutefois ce qui se passe sous le capot et ne se doutent pas de toutes les prouesses technologiques qui ont dû être mises de l’avant pour y arriver. Bien que les premiers modèles datent de la fin des années 30, il faut réaliser qu’ils ont passé à travers des milliers de phases transitoires au fil des décennies afin de toujours s’améliorer.

Les moteurs ont bien changé depuis la première version de Carl Kiekhaefer en 1939.
Photos courtoisie, Mercury Marine
Les moteurs ont bien changé depuis la première version de Carl Kiekhaefer en 1939.

Un géant

Il y a dix jours à peine, je me suis rendu avec une quarantaine d’autres intervenants médiatiques à Fond du Lac, au Wisconsin, chez le plus grand manufacturier et accessoiriste, Mercury Marine. Outre le fait de souligner leur 80e anniversaire, les organisateurs voulaient nous faire visiter l’usine de deux millions et demi de pieds carrés, qui s’étend sur 1,4 km de longueur et où plus de 3 800 employés s’affairent à concevoir des moteurs. Juste en outillage et en immeuble, les dirigeants y ont investi un milliard depuis 2009.

Tout le monde sait que la ville aux États-Unis où il y a le plus d’ingénieurs per capita est Silicone Valley. Au deuxième rang, on retrouve Fond du Lac. Chez Merc, comme plusieurs l’appellent, il y en a 400. Ces derniers ont comme mission de développer, aux six semaines, des produits et des technologies ou d’améliorer des pièces, des équipements, des mécanismes, etc. Il y en a aussi plus de 300 autres répartis dans d’autres centres de recherche et de développement.

Tous les moteurs Four Stroke, Pro XS et Verado de 75 hp jusqu’au tout nouveau 450 R, qui était lancé il y a trois jours à peine, sont fabriqués à Fond du Lac. Les MercCruiser y sont également assemblés.

Les petits engins de 2,5 à 30 forces sont produits au Japon, selon leurs spécifications, en partenariat avec la firme Tohatsu. La gamme des 35, 40, 50 et 60 chevaux-vapeur est conçue, quant à elle, à Suzhou, en Chine, avec des pièces qui proviennent de la maison-mère américaine.

Diversification

Tentant de s’intégrer le plus possible verticalement et de confectionner elle-même la majeure partie de ses pièces, cette entreprise emploie 7800 personnes au niveau mondial. Malgré tout, elle s’approvisionne auprès de 875 autres manufacturiers répartis dans 25 pays.

À la base, il faut savoir que ce motoriste fait partie du holding de Brunswick Corporation bien connu pour ses diverses filiales de bateaux, Lund, Crestliner, Lowe, Princecraft, Boston Whaler, Bayliner, Heydey, Harris, Cypress Cay, Sea Ray et Thunder Jet. Cela génère une grande demande pour équiper tous ces tableaux arrière.

Rigoureux tests

L’achat d’un moteur hors-bord représente un certain investissement. Il est donc normal que nous voulions en avoir pour notre argent.

Chaque nouvel engin doit passer une interminable série d’épreuves avant d’obtenir ses lettres de noblesse et d’être mis en marché dans leur réseau de 7400 détaillants répartis aux quatre coins du globe. Il devra par exemple rivaliser de prouesses aux divers tests de corrosion, thermique, de grandes vibrations, de résistance aux impacts et environnementaux, etc. Puis, il subira l’épreuve qui consiste à mettre le moteur en marche à plein régime, en laboratoire, pendant 1200 heures (comme ce fut le cas pour le dernier SeaPro). Il sera ensuite installé sur une embarcation pour 500 heures supplémentaires.

Inusité

Il y a une douzaine d’années, quand tous les motoristes se vantaient d’avoir les moteurs les moins bruyants, ils ont lancé les modèles Verado. À leur grande surprise, de nombreux consommateurs les trouvaient trop silencieux. On leur reprochait de ne pas avoir une signature sonore assez intense.

Pour ne plus faire face à une telle situation, les dirigeants ont fait bâtir, pour une somme de 10 millions de dollars, une chambre sonore qu’ils surnomment NVH, acronyme pour Noise, Vibrations and Harshness. On y détecte tout ce qui peut engendrer des bruits et des vibrations et on s’applique à les corriger et à leur donner une certaine signature. Ainsi, les propriétaires des nouveaux Verado peuvent opter pour différents niveaux sonores pour répondre aux besoins de tout un chacun allant d’une gamme de sons très basse à ceux qui ressemblent à une voiture sport. Le Pro XS, par exemple, gronde de façon agressive quand on lance le moteur, puis il ronronne par la suite. Même le bruit de l’attache du capot, qui fait un clic assez sourd, est voulu pour assurer le plaisancier qu’il est bien fermé. Rien n’est laissé au hasard.

Ça tourne

Dans une bâtisse connexe, des ouvriers spécialisés s’affairent à fabriquer 720 modèles d’hélices en acier inoxydable. Ils en produisent plus de 120 000 par an. Chacune d’entre elles passe entre les mains de rigoureux artisans.


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