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Une mine de graphite pour voitures électriques sème la division

Québec, la Caisse de dépôt et le Fonds FTQ ont investi des millions dans le projet

Paul Comeau, membre de la Coalition citoyenne des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie.
Photo Sylvain Larocque Paul Comeau, membre de la Coalition citoyenne des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie.

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Un projet de mine de graphite oppose la population de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, aux villégiateurs, de plus en plus nombreux dans la municipalité.

 

Des opposants se sont invités hier à l’assemblée des actionnaires de l’entreprise Nouveau Monde Graphite. Ils en ont profité pour dévoiler une étude selon laquelle la viabilité économique du projet « n’est pas démontrée » en raison de coûts sous-estimés et de revenus surestimés.

Paul Comeau, membre de la Coalition citoyenne des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie, croit que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

« Destruction durable »

« Le projet va causer une destruction durable », affirme M. Comeau. Il redoute les 100 millions de tonnes de déchets miniers prévues, dont la moitié pose des risques de contamination acide.

« On voit une corrélation entre les projets financièrement risqués et environnementalement risqués », note Ugo Lapointe de l’organisme MiningWatch Canada.

Le PDG de Nouveau Monde, Éric Desaulniers, cherche à tendre la main aux protestataires.

« Je les comprends d’être ici et d’être inquiets, parce que c’est une mine qui va ouvrir à côté de leurs chalets. Ce n’était pas ça le deal quand ils ont acheté. Notre job de responsabilité sociale, c’est de faire le tampon. C’est pour ça qu’on acquiert les propriétés des gens inquiets. »

Jusqu’ici, l’entreprise a acheté une dizaine d’habitations situées à moins d’un kilomètre de la future fosse à ciel ouvert et se dit prête à en acquérir d’autres.

Fort appui local

Selon un sondage réalisé l’an dernier, plus de 80 % des résidents de Saint-Michel-des-Saints et de Saint-Zénon appuient le projet, qui doit créer une centaine d’emplois.

Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement et le Fonds de solidarité FTQ ont tous investi dans Nouveau Monde. Des subventions doivent suivre sous peu.

Mais depuis avril, le plus important actionnaire de l’entreprise est la firme britannique Pallinghurst, qui détient une participation de près de 20 %. D’autres investissements, notamment de Hong Kong, doivent être annoncés sous peu.

« C’est très sécurisant pour notre gouvernement et nos actionnaires institutionnels québécois, qui ne sont pas nécessairement les plus équipés pour évaluer un projet dans tous ses détails », estime M. Desaulniers.

Le géant français Imerys, dont Power Corporation est actionnaire, exploite une mine de graphite à Mont-Laurier, mais celle-ci doit fermer d’ici 2021.

Deux autres mines sont projetées sur la Côte-Nord (Focus et Mason).

Nouveau Monde Graphite

  • Investissements prévus : 276 M$
  • Durée de vie projetée : 25 ans
  • Marchés visés : aciéries et fabrication de batteries lithium-ion
  • Principaux actionnaires : Pallinghurst (19,9 %), Caisse de dépôt et placement (3,4 %)