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Magnifique Monique Leyrac

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Magnifique Monique Leyrac, que j’avais rencontrée, dans les années soixante-dix, lors d’un spectacle au théâtre de l’Odéon, Le Mai d’amour à Paris. Moments d’extase, sans doute dus à mon long exil parisien. Tout notre groupe de Québécois était allé casser la croûte, après le spectacle, et la chanteuse nous avait accompagnés. De telles occasions exceptionnelles, entre Pauline, Gaston, Gilles, Michelle et Monique, alimentaient mon désir de retour au pays.

<b><i>Monique Leyrac<br/>Le roman d’une vie</i></b><br/>François Dompierre<br/>Éditions La Presse
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Monique Leyrac
Le roman d’une vie

François Dompierre
Éditions La Presse

Le musicien, compositeur et animateur radio François Dompierre consacre une biographie bien méritée à cette « femme superbement libre [...] une sorte de génie du théâtre, de la scène et de la chanson », à qui il voue une passion immense. Cette biographie romancée sera tout aussi passionnante.

Monique est née Tremblay, rue Masson, dans le quartier Rosemont, dans une famille nombreuse, pauvre et normale. Autodidacte dès l’âge de treize ans, elle remplace sa mère, redevenue chapelière par nécessité. Entre deux tâches ménagères, Monique se réfugie dans les livres et apprend par cœur des poèmes d’Alfred de Vigny et de Musset, ou des fables de La Fontaine. Déjà, elle rêve d’être actrice, « célèbre comme Arletty », et, provoquant le destin, convainc une certaine madame Maubourg de la prendre sous son aile et de l’initier à l’art dramatique.

Bientôt, elle auditionnera aux côtés des Janine Sutto, Huguette Oligny et Marjolaine Hébert. C’est l’époque où Jacques Normand, avec qui elle aura sa première vraie passion amoureuse, Paul Berval et Jean Rafa font les belles nuits du cabaret Le Faisan doré, où Monique a ses entrées et qui serait la propriété d’un certain Vic Cotroni. Elle y fera la connaissance de Charles Aznavour et d’Édith Piaf, en tournée au Québec.

En 1950, à 22 ans, « l’âge de tous les possibles », elle sent le besoin de changer d’air et prend un aller simple pour Paris. Elle y retrouvera son ami Félix Leclerc, qu’elle a connu précédemment lors d’un tournage. Félix lui livre sa dernière composition, L’Hymne au printemps. Moment de pur émerveillement. Finalement, Monique pourra ajouter quelques chansons de Félix à son répertoire éclectique. Elle se produit, « en ouverture du programme », dans différents cabarets parisiens et déjà la « jeune Canadienne » commence à acquérir une certaine notoriété. Mais dans ces années d’après-guerre, les cachets sont plutôt symboliques et ne réussissent pas à la faire vivre dignement, ce qui n’altère pas sa dignité. Après un bref contrat au pays de Brel, elle est invitée au Liban où elle demeurera trois mois, découvrant les charmes de l’Orient.

rencontre déterminante

Puis retour à Montréal. On lui offre un contrat de deux mois au Montmartre, l’ancien Faisan doré où elle a fait ses débuts. Entre-temps, elle renoue avec Jacques Normand dans un nouveau spectacle au Saint-Germain-des-Prés, voisin du Casa Loma. C’est à cet endroit qu’elle rencontrera l’homme qui « bouleversera complètement son parcours artistique ainsi que son existence », Jean Dalmain, comédien et professeur d’art dramatique. Monique est aussitôt attirée par sa grande culture et la personnalité de l’homme de théâtre. Leur union durera plus de vingt-cinq ans.

Entre ses allers-retours entre Montréal et Paris, Monique tombe enceinte et accouchera d’une fille prénommée Sophie. Grâce à Dalmain, elle renoue avec sa grande passion, le théâtre. Avec la troupe du TNM, dans Les Trois farces de Molière, elle triomphera. Triomphe aussi en France où la troupe du TNM remporte le bronze au Festival des nations.

Petit à petit, Monique s’éloignera de la scène. Elle déteste les vieilles chanteuses, se justifiera-t-elle. Dans les années quatre-vingt-dix, Michel-Marc Bouchard et René-Richard Cyr la convaincront de jouer un personnage hors norme dans la pièce Le voyage du couronnement.

Ce sera son dernier rôle. En février dernier, Monique Leyrac a célébré ses 91 ans. Voilà vingt-cinq ans qu’elle garde le silence. Dompierre a su merveilleusement redonner vie à cette icône qui « a prêté sa voix aux poètes de son pays et incarné les aspirations de tout un peuple ». Une merveilleuse histoire.

Ils viennent pour travailler/Enquête ethnographique parmi les ouvriers agricoles migrants au Québec

Lucio Castracani<br/>Éditions Presses de l’Université du Québec
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Lucio Castracani
Éditions Presses de l’Université du Québec

Chaque année, le Québec recrute des milliers de travailleurs temporaires pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre dans le domaine agricole. Il s’agit d’un travail épuisant que les travailleurs québécois ne veulent pas réaliser. Le chercheur Lucio Castracani s’est mêlé à ces migrants temporaires pour mieux connaître leurs aspirations et leurs conditions de travail. Il a découvert un sous-monde, dépourvu de véritables droits et soumis à toutes sortes de chantage. Pourtant, ces travailleurs sont devenus essentiels pour le bon fonctionnement de notre agriculture.

Augustin Frigon/Sciences, techniques et radiodiffusion

Robert Gagnon et Pierre Frigon<br/>Éditions du Boréal
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Robert Gagnon et Pierre Frigon
Éditions du Boréal

L’ingénieur Augustin Frigon est un de ceux qui ont bâti la modernité du Québec au milieu du XXe siècle, au même titre que les Lionel Groulx, Marie-Victorin, Édouard Montpetit et Léo Parizeau. Directeur de l’École polytechnique de Montréal, il sera l’initiateur de l’École du meuble que dirigera Jean-Marie Gauvreau. Il fut le premier directeur général adjoint de la Société Radio-Canada lors de sa création en 1936 et deviendra le véritable père du réseau français de Radio-Canada. Voici un portrait vivant d’un pionnier inspirant.

Point final?/Carnet

Jules Tessier<br/>Éditions Fides
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Jules Tessier
Éditions Fides

Voici une lecture agréable et tout à fait estivale. Les carnets de Jules Tessier, qui s’intéresse aux petites choses de la vie, mais surtout à leurs aspects humains, nous emmènent d’abord au marché Jean-Talon, « le plus grand marché à aire ouverte en Amérique du Nord » où l’auteur tisse la toile humaine des fruits et légumes glanés ici et là, chez L’Écuyer, Rémillard, Palardy, Lussier et tous les autres, sans oublier les boucheries, fromageries, boulangeries, marchands de pâtes et autres cafés. Une entrée en matière des plus goûteuses qui met bellement la table à d’autres rencontres tout aussi délicieuses.