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Le développement de «cornes» chez les jeunes lié au cellulaire?

bloc cellulaire
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De plus en plus de jeunes adultes arborent de légères excroissances à l’arrière de leur crâne, une condition qui pourrait découler de l’omniprésence des cellulaires dans la vie quotidienne. C’est ce que démontre une étude, qui s’attire toutefois un lot de critiques.

D’abord publiée en février 2018, mais relayée par de nombreux médias dans les derniers jours, l’étude de l’Université de Sunshine Coast, en Australie, démontre que les jeunes de 18 à 30 ans sont plus susceptibles d’être dotés d’une protubérance occipitale externe d’une taille de quelques dizaines de millimètres.

En d’autres mots, quelque 41% des jeunes verraient ces «cornes» pousser à la base de leur crâne, alors que leur prévalence est de seulement 33% dans la population. Il est à noter que ces excroissances, qui apparaissent plus souvent chez les personnes âgées, particulièrement les hommes, ne causent pas de problème de santé.

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Photo courtoisie

 

Dans l’étude, les chercheurs ont noté qu’à leur avis, l’apparition d’excroissances pourrait être liée aux appareils technologiques qui tiennent dans une main, comme les cellulaires et les tablettes.

Ainsi, garder la tête penchée sur son téléphone intelligent pendant de longues périodes pourrait se traduire par la croissance de cornes.

Pas si vite

Cette conclusion a cependant été mise en doute par différents chercheurs. Le neurochirurgien new-yorkais Dr David J. Langer a rappelé qu’il est commun de voir des problèmes de vertèbres chez les gens qui travaillent souvent la tête penchée, comme les chirurgiens.

«Vous avez plus de chance d’avoir affaire à une maladie dégénérative des vertèbres ou à un désalignement de votre cou qu’à un éperon d’os qui pousse dans votre crâne», a avancé le médecin en entrevue avec le New York Times.

Le paléoanthropologiste John Hawks a, de son côté, rappelé que les excroissances analysées par les chercheurs sont déjà bien connues. Il s’agit même d’un indice utilisé, parfois, pour tenter de déterminer le sexe d’un individu à partir de son squelette.

Ce spécialiste a souligné, dans une entrée de blogue, que certaines techniques de mesure et certaines données – ou données manquantes – offertes par les chercheurs le laissaient perplexe sur leurs méthodes et leur rigueur.

Il est aussi à noter que les chercheurs australiens n’ont pas mesuré le temps qu’ont passé leurs 1200 cobayes penchés sur leur cellulaire. On ne peut donc établir une corrélation entre le temps passé devant les écrans et les «cornes» des jeunes.