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Du baseball à Montréal en 2024

Le propriétaire des Rays prévoit une garde partagée entre la métropole québécoise et Tampa Bay

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ST. PETERSBURG, Floride | À en croire le plan plutôt tordu du propriétaire des Rays de Tampa Bay, Stuart Sternberg, le baseball majeur serait officiellement de retour à Montréal en 2024. 

C’est ce qu’il a affirmé dans une conférence de presse rocambolesque, mardi, au musée Dali, à un jet de pierre du vétuste Tropicana Field. Le premier pas de ce qui s’annonce comme une longue saga. 

Son plan : une garde partagée des Rays entre Tampa Bay et Montréal dès 2024, dans deux stades flambant neufs, alors qu’il chapeauterait les deux organisations. 

Même s’il se trouve en pleine impasse avec le conseil de ville en Floride, le fortuné investisseur new-yorkais âgé de 60 ans se permet de rêver en couleurs. Il tente de trouver un moyen de relancer la popularité de sa concession. 

Depuis jeudi dernier, moment où le scénario de garde partagée a fait surface publiquement, le propriétaire majoritaire du club floridien fondé en 1998 est pris à partie par les partisans. Bon nombre d’interrogations flottaient à la dérive entre la baie de Tampa et Montréal. Pendant ce temps, ses Rays attendaient leur match face aux Twins au Minnesota. 

Alors que le mercure dépassait les 35 oCelsius sous un soleil de plomb à St. Petersburg, la presse de la grande région de Tampa Bay a placé Sternberg sur le grill. Souriant et rêvassant, il a tenté de vendre son projet à qui voulait l’entendre devant une armée de partenaires fidèles à son club et une armée de journalistes cherchant à avoir des réponses. 

« Je veux être clair, ce n’est pas une porte de sortie pour quitter Tampa. Cette idée ne m’intéressait pas il y a plusieurs années et ne m’intéresse toujours pas, a souligné d’entrée de jeu le propriétaire qui habite la région. Je ne veux pas relocaliser l’équipe à Montréal. Et ce n’est pas une page de mon livre de jeux pour obtenir gain de cause dans les négociations ici. 

« Nous voulons que les Rays connaissent du succès à Tampa Bay, mais c’est impossible de conserver 81 matchs de saison régulière en attirant des dizaines de milliers de spectateurs à chaque match. Il faut toutefois garder cette équipe chez nous, et Montréal pourra bénéficier du baseball dans une entente permanente de longue durée, a-t-il ajouté en demandant une grande ouverture d’esprit. Ce serait une entente pour les générations à venir dans les deux marchés. » 

Deux stades neufs 

Dans son scénario de 2024, Sternberg voit deux soirées d’ouverture dans une même saison. La première, en lever de rideau de saison à Tampa, que ce soit dans un nouveau stade ou au Tropicana Field revampé, et une autre en juin, au grand air par une chaude soirée au centre-ville avec des dizaines de milliers de fans en liesse. 

Or, dans ses fabulations, Sternberg oublie que tout est au point mort dans les négociations à St. Petersburg. Non seulement a-t-il une entente béton allant jusqu’en 2027 dans un stade vétuste, mais il n’a aucune option pour construire dans la région. 

Et rien n’indique que le groupe montréalais tombera amoureux d’une garde partagée avec un grand manitou américain dirigeant la franchise. Sternberg a esquivé les questions sur ses relations avec le clan de Stephen Bronfman, qu’il a d’ailleurs rencontré il y a plusieurs années. Selon ses dires, il aurait discuté du concept de ce projet il y a quelques mois. 

Il serait l’unique personne à prendre les décisions et il partagerait les revenus selon « l’équipe » qui les engrangerait. Pour l’instant, ce concept est encore à l’étape exploratoire, a-t-il souvent répété. Mais il ne verrait pas pourquoi le clan montréalais n’embarquerait pas dans son bateau. 

Montréal, une nécessité 

« Nous croyons au baseball dans notre région. Nous sommes les champions de Tampa, a signalé le propriétaire des champions de la Ligue américaine en 2008 qui se sont ensuite inclinés en Série mondiale face aux Phillies de Philadelphie. Nous avons besoin du baseball ici, car c’est un sport important créant une diversité économique. 

« Mais il nous faut aussi Montréal dans l’équation, a-t-il enchaîné. Il ne faut jamais dire jamais. De ce que nous savons depuis plusieurs années, c’est florissant au Québec. » 

Si Sternberg croit que son organisation est un pilier pour le sport professionnel dans le centre de la Floride, c’est qu’il n’a pas ouvert l’œil. On ne voit aucun effort. On n’aperçoit aucune affiche en bordure des autoroutes. Le Tropicana Field n’arbore aucune promotion ou image de ses joueurs étoiles. Et les Rays figurent au second rang dans l’Est de l’Américaine, tout juste derrière les Yankees de New York. 

L’équipe rentrera du Minnesota jeudi soir et sautera sur son terrain vendredi soir en accueillant les Rangers du Texas, autres tenants du second rang dans l’Ouest de la Ligue américaine. 

Avec le dévoilement de son plan au beau milieu de la saison, les prochaines semaines seront déterminantes alors que les assistances, déjà très faibles, pourraient davantage piquer du nez. Les Yankees seront de passage à l’occasion du Jour de l’indépendance, la fête nationale du 4 juillet. Les partisans pourraient déjà lancer leur message. 

Pour l’instant, Sternberg a indiqué ne pas posséder toutes les réponses. Plusieurs questions restent en suspens. Le roman-savon s’annonce divertissant et à l’avantage du clan montréalais. 

Des questions problématiques 

Après avoir énuméré tout ce que les Rays avaient accompli dans la grande région de Tampa Bay depuis 15 ans, Stuart Sternberg a tenté de répondre aux questions de la presse. Pas toutes commodes, il a répondu à certaines d’entre elles. Plusieurs sont cependant restées sans réponse. 

S’il a souvent répondu qu’il n’avait aucune idée à certaines d’entre elles, le propriétaire majoritaire des Rays en a évité d’autres. Voici une liste de questions à propos d’enjeux majeurs dans le dossier. 

Comment l’association des joueurs pourrait-elle approuver une mesure si complexe pour déménager une équipe complète à la mi-saison ? 

« Nous avons entendu certains jugements de la part de nos joueurs. Mais ils voulaient surtout se rapporter à leur association et au baseball majeur. Si ce plan est autorisé, nous disposerons de plus de ressources. Nous pourrons ainsi engager des gens dans certaines sphères. » 

Quel serait le nom de l’équipe à Montréal ? Garderait-elle les Rays ou serait-elle rebaptisée pour cette portion du calendrier ? 

« Je n’ai aucune bonne réponse à donner. Ce qui est positif, c’est que lorsque nous commençons à réfléchir aux noms, cela veut dire que ce sera concret. Nous penserons à ce nom quand le moment viendra. » 

Où seront disputées les séries éliminatoires ? 

« C’est une autre question à laquelle je n’ai pas la réponse. C’est ce que je pourrais appeler un problème de luxe. » 

Comment les amateurs de Montréal pourraient-ils répondre à cette garde partagée impliquant la moitié des matchs joués dans la métropole québécoise ? 

« Le Stade olympique est un domicile quelque peu désuet. Mais si Montréal se dote d’un stade extérieur, l’équipe attirera beaucoup plus de gens qu’elle ne le faisait avant que les Expos quittent le Stade olympique. En ne jouant pas une saison complète en ville, le calendrier compressé les amènera à se présenter aux matchs, surtout si le beau temps est au rendez-vous. Les amateurs de Montréal ont démontré qu’ils sont prêts à accueillir le baseball à nouveau. Je crois à cela. » 

Si ce plan ne fonctionne pas en garde partagée, Stuart Sternberg a-t-il un autre plan derrière la tête après 2027 ? Qu’adviendrait-il de l’équipe après la fin du bail avec le Tropicana Field ? Sera-t-elle relocalisée ou restera-t-elle à Tampa ? 

« Je ne sais vraiment pas. C’est encore très loin. Nous sommes ici jusqu’en 2027. Je n’ai pas de réponse. »  

► Quelques questions qui n’ont pas été abordées 

Comment les joueurs réagiront-ils en devant s’établir dans deux villes avec leur famille ? 

S’il devait casser son bail avec le Tropicana Field avant 2027, combien en coûterait-il et quels acteurs devraient en débourser les frais si l’équipe déménageait à Montréal ? 

En évoquant une garde partagée, serait-ce la dernière option de présenter des matchs du baseball majeur à Montréal alors que la ligue regarderait vers Nashville et Las Vegas pour une prochaine expansion ?