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Un bon gars

End of relationship between man and woman, hands of breakup couple, divorce
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Je connaissais un bon gars. Un bon gars dans tous les sens du terme. Gentil, à l’écoute des autres, drôle. Un drôle qui fait du bien à entendre. Un drôle qui dédramatise des situations tendues et qui exarcerbe des moments heureux.

Je connaissais un gars qui ne comptait pas ses heures et qui pouvait prendre une charge gargantuesque sur ses épaules sans que rien n’y paraisse. Le genre de gars que tu veux dans ton équipe et que tu envie l’équipe adverse s’il fait partie des leurs.

C’était un gars avec qui j’ai travaillé sur un projet qui a été un moment charnière dans ma carrière. Le genre de projet qui m’a aidé à me définir en tant qu’auteur, en tant qu’humoriste et en tant que créateur. Je n’ai pas toujours été heureux pendant les deux années qu’ont duré ce projet. Parfois, j’avais l’impression que mon cerveau était un citron dont on avait pressé tout le jus. Et, quand je me sentais à bout de souffle, ce gars-là avait toujours le bon mot pour me remonter. Un mélange de louanges et de coup de pied à l’endroit où j’en avais besoin.

Depuis ce projet, on ne se voyait pas très souvent. Mais quand ça arrivait, c’était toujours avec plaisir et joie. Que ce soit une petite discussion rapide dans un couloir de bureau, entre deux meetings, ou en sirotant une bière dans un lancement de programmation, c’était toujours le même bon gars que je retrouvais. Bienveillant, hilarant, vrai... en fait c’est ce qu’il paraissait.

Aujourd’hui, je sais qu’en dedans de ce bon gars là, il y avait de la douleur. Quelque chose qu’il tentait peut-être d’étourdir par le travail, par l’humour, par un excès de bonté.

C’est avec incompréhension, stupéfaction et peine que j’ai appris qu’il avait décidé de commettre l’irréparable.

La douleur qu’il trainait avait finalement eu raison de lui. Je n’étais pas son ami le plus proche. J’essaie juste de vous dire que, parfois, derrière les façades les plus jolies se retrouve une maison en ruine qui aurait besoin qu’on s’y attarde. Et la première personne qui devrait le faire, c’est nous même.

Je sais que tout ne se règle pas en parlant, mais je crois quand même qu’il s’agit de la première étape à toute chose. Et, croyez-moi, ces mots je les dis aussi à moi-même.

Car, même si je n’ai jamais eu envie d’en finir, j’ai eu des moments sombres où je gardais tout pour moi. Un mélange d’orgueil et de honte de ne pas être capable de régler mes propres problèmes.

Ces moments sont devenus de moins en moins sombres quand j’ai commencé à en parler. C’est peut-être juste ça au fond que j’avais envie de dire. Parlez. À qui vous voulez, quand vous le voulez. Les oreilles qui nous entourent sont souvent plus bienveillantes qu’on ne pourrait le croire.

J’aimerais juste te dire que dans ce trop bref passage parmi nous, je me sens privilégié d’avoir croisé ton chemin.

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