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Un proxénète a fait tatouer son surnom sur ses deux victimes

Il a été déclaré coupable sur presque toute la ligne mardi avant de se rendre en prison

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Un proxénète montréalais qui avait été jusqu’à faire tatouer son surnom sur le corps de ses deux victimes a pris le chemin de la détention mardi, en vue d’une longue peine d’incarcération.

« Il voulait que le tatouage soit gros, qu’il soit visible. Lors de son témoignage, [la victime] a dit que c’était comme un trophée de chasse et qu’elle était une source de revenus », a déploré le juge André Perreault mardi, en résumant le dossier de Josué Jean.

L’homme de 41 ans a été reconnu coupable mardi de 14 chefs d’accusation en lien avec le proxénétisme et la violence qu’il a fait subir à deux jeunes femmes, entre 2002 et 2009.

Lors du procès, les deux victimes avaient témoigné du cauchemar qu’elles avaient subi, mais aussi sur la façon dont Jean les avait manipulées pour les forcer à se prostituer.

Dans le premier cas, Jean a fait croire à la jeune femme que si elle dansait nue, l’argent servirait à investir en immobilier, si bien qu’au final, le « couple » n’aurait plus jamais besoin de travailler.

« Elle passera les cinq prochaines années de sa vie à Montréal et en banlieue, a expliqué le juge. Au début, elle croyait que c’était son conjoint; elle réalisera plus tard que c’est son proxénète. »

Par amour

Et dans le deuxième cas, la femme était tellement tombée amoureuse du proxénète qu’elle avait accepté de s’adonner à la prostitution « par amour ».

« Pour qu’il lui donne son amour, elle devait lui donner son argent, a résumé le magistrat. Au début, elle trouvait ça normal. »

La femme était tellement amoureuse de Jean qu’à un moment, elle est même tombée enceinte de lui. Sauf qu’elle a fait une fausse couche et Jean, loin de se soucier d’elle, n’est même pas allé la visiter lorsqu’elle était à l’hôpital.

D’ailleurs, si Jean se montrait d’abord gentil et attentionné, il est rapidement devenu violent et contrôlant.

En plus de garder pour lui pratiquement tout l’argent gagné par ses victimes, il les avait forcées à se teindre les cheveux en blond « parce que c’est payant ».

Il avait trouvé les surnoms des deux jeunes femmes et c’est aussi lui qui les a amenées au bar de danseuses la première fois.

Et pour s’assurer qu’elles comprennent être « sa » marchandise, elles avaient dû se faire tatouer le surnom de leur proxénète. Par la suite, elles devaient travailler en tout temps, même quand elles étaient indisposées, et même après avoir été battues.

Il n’a pas témoigné

Lors du procès, Jean n’a pas témoigné. Mais plusieurs proches sont venus à la barre pour tenter de miner la crédibilité des plaignantes.

Cela n’a toutefois pas eu l’effet escompté, puisque Jean a été déclaré coupable de la majorité des chefs. Il a toutefois été acquitté de traite de personne sur une des victimes et d’avoir induit une mineure à se prostituer.

Étant donné le verdict de mardi, Jean a été placé en détention préventive. Les plaidoiries sur la peine à lui imposer devraient avoir lieu dans les prochaines semaines.