/entertainment/shows
Navigation

En parfaite harmonie avec l’œuvre de Fiori

Le Cirque Éloize crée des images éblouissantes dans Serge Fiori - Seul Ensemble

Coup d'oeil sur cet article

La musique de Serge Fiori mariée aux prouesses acrobatiques du Cirque Éloize? L’alliance semblait improbable. Or, dans Seul Ensemble, elle prend vie dans une féérie visuelle en parfaite harmonie avec l’œuvre du grand Fiori.

Des numéros bien agencés mettent admirablement en lumière la musique et les paroles du grand compositeur québécois Serge Fiori.
Photo Simon Clark
Des numéros bien agencés mettent admirablement en lumière la musique et les paroles du grand compositeur québécois Serge Fiori.

C’était comme si Harmonium avait mis au monde toutes ces chansons, qui ont marqué l’imaginaire des mélomanes québécois, en sachant qu’un jour elles serviraient d’inspiration à des acrobates et des jongleurs, a-t-on pu constater avec ravissement, mercredi soir, au Capitole, lors de la première officielle à Québec du spectacle d’abord présenté au printemps à Montréal.

Constat: le succès de Seul Ensemble repose dans le souci des artisans du Cirque Éloize de mettre des images, éblouissantes de bout en bout, qui collent à la perfection aux mots et à la musique de Fiori.

Le tout, il importe de le souligner, sans chercher à faire de l’ombre à la superbe trame musicale créée par Fiori avec la collaboration de Louis-Jean Cormier et Alex McMahon. La musique, dans Seul Ensemble, tient le rôle principal et le cirque s’y fusionne corps et âme.

Courts métrages

Photo Simon Clark

C’est particulièrement frappant pendant les premiers tableaux du spectacle, qui forment presque une série de courts métrages. Dès le coup d’envoi sur Vert, les danseurs et les acrobates émergent d’un cocon pour se lancer dans une jolie chorégraphie.

Tout de suite après, Comme un fou est la première pièce de résistance. On y retrouve le personnage principal de la chanson, dont le double s’envole puis revient courir sur place sur une plateforme rotative circulaire. Émouvant.

Puis, au son d’En pleine face, Serge Fiori apparaît sur écran géant, cigarette au bec, soufflant sa fumée sur un danseur avant que quatre acrobates vêtus de blanc descendent du plafond, forçant Fiori à les éviter. L’effet est saisissant.

Si les acrobates finissent par reprendre le haut du pavé durant la deuxième moitié du spectacle, ce n’est jamais au détriment de la poésie, clairement l’ingrédient secret d’une production qui dérive parfois vers le burlesque, notamment dans le savoureux et coloré numéro dédié à Dixie.

Souffle nostalgique

Photo Simon Clark

Ici et là, la voix de Fiori s’élève pour raconter un souvenir. Ainsi, quand il revient sur l’achat de sa première guitare, on sent un souffle nostalgique qui nous replonge dans son quartier d’enfance pour lancer une spectaculaire démonstration de planche coréenne. Aussi impressionnant est ce funambule qui profite de la portion instrumentale de L’exil pour marcher de la scène jusqu’au balcon.

Il y aurait du reste encore beaucoup à dire de ce spectacle, certes un des hommages les plus touchants rendus à un artiste québécois.


Serge Fiori - Seul Ensemble tient l’affiche au Capitole de Québec jusqu’au 14 juillet.