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Festival international de Jazz de Montréal: un concert pour rassembler

Festival international de Jazz de Montréal: un concert pour rassembler
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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MONTRÉAL – Le trompettiste Jacques Kuba Séguin, en concert jeudi soir dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal, tente de parler des réalités difficiles de l’immigration par le jazz. 

Le musicien a fait paraître le 14 juin dernier son sixième album en carrière, intitulé «MiGRATIONS». Né d’une mère polonaise et d’un père québécois, Jacques Kuba Séguin souhaite avec ce nouvel opus réfléchir à la réalité québécoise à travers l’expérience de certaines personnes issues de différentes communautés culturelles au Québec. 

«Mes anciens disques portaient sur le fait que je suis d’origine polonaise, tous mes autres albums allaient dans cette direction-là et j’avais le goût de faire quelque chose de Québécois», indique d’emblée le compositeur. 

Ce sont les parcours bien individuels d’immigrés qui lui ont donné l’inspiration. Chacun des sept morceaux qui composent l’album représente le résultat d’un entretien. Trois questions étaient posées: d’où viens-tu, pourquoi es-tu venu au Québec et pourquoi es-tu resté. 

«C’est intéressant parce que j’ai posé les mêmes questions à David Homel, qui est un écrivain juif américain, à M. Benabdallah du Centre culturel islamique de Québec et à ma conjointe également qui est partie de Richelieu pour se rendre à Montréal, poursuit le compositeur. Je trouvais ça important de ne pas juste faire des migrations de pays éloignés, je voulais parler aussi du fait qu’au sein même du Québec, il y a de petites migrations comme ça qui se passent.» 

Si chacun et chacune avaient ses réalités bien particulières, les conclusions tirées, elles, tendaient toujours à se diriger dans la même direction. 

«Je trouvais ça intéressant de voir comment tout le monde finalement cherchait la même chose, tout le monde cherche la sécurité, l’amitié, l’amour», conclut le trompettiste. 

 

Festival international de Jazz de Montréal: un concert pour rassembler
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

 

Concert 

Pour jeudi soir, c’est un concert fidèle à la démarche de l’album qui attend les spectateurs. 

«Pendant le concert, il y a une minute environ des entrevues qui vont jouer au début des pièces et on commence à jouer en dessous. Donc ça vit complètement autrement, indique le compositeur. J’ai fait également un "photo shoot" de chacun, des portraits associés à chacune des pièces, ils sont tous en noir et blanc, et l’idée c’est de dire que tout le monde se ressemble au final.» 

De nombreux projets

Jacques Kuba Séguin cumule les projets depuis plusieurs années. Le trompettiste a notamment joué avec des musiciens tels que Jean Leloup, Ariane Moffatt et Pierre Lapointe, en plus d'accompagner le Cirque du Soleil en tournée pendant deux ans. 

«Pour moi, il y a juste deux sortes de musique, comme dirait Duke Ellington: y’en a de la bonne et de la mauvaise. J’essaie de rester du côté de la bonne et généralement ça se passe bien», indique le trompettiste le sourire aux lèvres. 

Néanmoins, c’est vers le jazz que le compositeur finit toujours par se diriger. À travers ce style, de nombreux projets, tels que le Litania Projekt et le sextuor Odd Lot, contribuent eux aussi à le tenir occupé. 

«Ce qui est beau dans le jazz, c’est qu’on a tellement de flexibilité. On va faire la pièce deux fois, et tu ne la reconnaîtras pas, explique avec engouement le musicien. Tu vas reconnaître le thème, mais ce sera tellement différent. Le but, c’est que ce soit différent.»
 

Jacques Kuba Séguin sera en concert jeudi à 18 h à L'Astral dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal. L’album «MiGRATIONS» est disponible depuis le 14 juin. 

Du blues au Festival international de jazz de Montréal 

 

Alors que le jazz sera bientôt sur toutes les lèvres, le blues aura également une place de choix au sein du Festival international de jazz de Montréal. 

Voici trois suggestions de spectacles de blues présentés dans les prochains jours avec Laurent Saulnier, vice-président à la programmation de l'événement. 

• Guy Bélanger – Le jeudi 27 juin à 21 h et à 23 h 

«Meilleur harmoniciste du Québec, c’est lui qui a fait entre autres la trame sonore des films "Gaz Bar Blues" et "Les mauvaises herbes". C’est quelqu’un qui joue de l’harmonica depuis 30 ans, 35 ans. Il aura deux invitées différentes: à 21 h ce sera France D’Amour qui sera avec lui sur scène, et à 23 h ce sera Kim Richardson. Ça risque d’être vraiment quelque chose de très "nice".» 

• Popa Chubby – Le jeudi 4 juillet, à 21 h et à 23 h 

«C’est un Américain qui fait du blues depuis au moins 20-25 ans, c’est quelqu’un qui n’est pas passé très souvent par Montréal. C’est un blues assez rock, on est loin du blues rural et acoustique, c’est un guitariste qui joue très bien qui pourrait peut-être faire penser à quelque chose comme ZZ Top, un blues très à l’américaine.» 

• Wellbad – Le lundi 1er juillet, à 21 h et à 23 h 

«C’est un groupe allemand qui fait du blues, c’est assez rare qu’on reçoive des groupes de blues qui viennent d’Allemagne. Oui c’est du blues, mais c’est quelque chose d’un peu différent de ce qu’on propose normalement. C’est un blues qui est peut-être plus influencé par Tom Waits par exemple, quelque chose d’un peu moins carré que le blues qu’on présente traditionnellement, ça sort du "twelve-bar blues" typique, mais c’est vraiment bon.»