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Génération surangoissée

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Qui parcourt les titres de la presse internationale finira inévitablement par tomber à quelques reprises sur un nouveau concept, qui désigne une forme inédite de panique psychologique : je parle du concept d’écoanxiété. L’écoanxiété frappe ceux qui, pour une raison ou pour une autre, sont à ce point dévastés par le sort de la planète qu’ils en viennent à se laisser abattre par cette possibilité.

Cette panique entraîne une forme de paralysie sociale. Comment vivre quand on en vient à croire que tout est absolument foutu ? Comment croire en l’avenir quand on nous assure qu’il sera apocalyptique ?

Écoanxiété

Aucune génération n’est épargnée, mais naturellement, ce sont les plus jeunes qui sont le plus affectés.

Que le sort de la planète suscite d’immenses inquiétudes va de soi. Il arrive aussi qu’on se mette à maudire l’humanité. Comment ne pas être révolté, par exemple, devant le saccage des océans et la constitution, en l’espace de quelques décennies, du fameux continent de plastique ? En d’autres mots, il y a de bonnes raisons de penser l’avenir sous le signe de l’inquiétude climatique.

Les écolos se trompent quand ils veulent sauver la planète. Ce qu’il faut sauver, ce sont les conditions de la vie sur terre.

Mais en cela comme en toutes choses, il faut éviter de basculer dans le délire idéologique. Quand l’inquiétude climatique vire au catastrophisme global, c’est la raison qui s’égare. Le culte qui entoure la jeune Greta Thunberg relève de ce délire. Nous ne sommes pas ici devant une voix puissante qui réveille les consciences, mais devant une gamine hypnotisée et manipulée qui dégage un épeurant parfum de fanatisme.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Quand l’Université de Mons en Belgique lui décerne un doctorat honoris causa, nous nageons en pleine idéologie. Il y a des limites à se laisser dominer par les emportements du système médiatique qui a toujours besoin de fabriquer de nouveaux personnages pour attirer notre attention.

Je confesse une pensée qu’on dirait aujourd’hui inavouable : ce qui m’agace avec les écologistes, ou du moins, avec certains écologistes, c’est qu’ils n’ont jamais cessé d’annoncer la fin des temps. Trop souvent, ils semblent rêver à un monde qui remonterait le cadran de l’histoire avant la formidable poussée de croissance économique qui a su tirer depuis quelques décennies des millions d’humains de la misère et de la pauvreté. Ils se plaisent à adopter un ton moralisateur et culpabilisateur.

Idéologie

L’écologisme se perd quand il veut nous convaincre qu’il ne nous reste plus qu’à sauver les meubles, comme si nous devions collectivement entrer en mode survie. Il vise juste quand il dénonce la débilité infinie de la surconsommation qui pousse l’homme dans un mode de vie qui le mutile culturellement et spirituellement, en plus de détruire les conditions mêmes d’une exploitation raisonnable de la planète, à son avantage.

L’écoanxiété n’est pas une forme de lucidité supérieure, mais un désespoir esthétisé. Ce qu’il faut à l’homme, c’est le génie politique pour penser une transition énergétique qui ne soit pas socialement régressive. Ce n’est pas hors de notre portée.