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La vaccination contre le VPH pourrait prévenir le cancer

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En plus de réduire les infections et les lésions précancéreuses du col de l’utérus, la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) pourrait permettre d’enrayer le cancer du col de l’utérus d’ici quelques décennies, selon des chercheurs de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. 

«Dans les 10 à 20 prochaines années, on devrait commencer à voir des réductions du cancer du col de l’utérus», avance la première auteure de l’étude et docteure en épidémiologie au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, Mélanie Drolet. 

Sous la supervision du professeur de la Faculté de médecine de l’Université Laval, Marc Brisson, les chercheurs ont participé à la «plus grosse étude d’envergure» jamais réalisée depuis l’implantation du programme de vaccination contre le VPH, il y a une dizaine d’années, et dont les résultats sont publiés dans la revue scientifique The Lancet. Pour ce faire, ils ont procédé à une méta-analyse de 65 études effectuées dans 14 pays qui offrent la vaccination et qui sont répartis en Amérique de Nord, en Europe et en Australie. 

Réduction des infections 

L’échantillon de 60 millions de personnes a permis de comparer la fréquence des infections à VPH, des condylomes et des lésions précancéreuses du col de l’utérus dans chacun de ces pays avant et après l’implantation de la vaccination. 

«Cette étude fournit la première preuve tangible que la vaccination contre le VPH pourrait prévenir le cancer du col de l’utérus puisqu’on a des réductions significatives des infections qui causent le cancer et des lésions qui surviennent tout juste avant d’avoir le cancer», souligne la Dre Drolet qui ajoute que le VPH est une composante présente dans presque 100% des cas de cancer du col de l’utérus. 

Ainsi, les analyses des chercheurs ont démontré que la fréquence des infections causées par le VPH a diminué de 83% chez les filles âgées de 13 à 19 ans. « Ce sont les plus virulents qui causent 70% des cas de cancer du col de l’utérus alors de voir des réductions de 80%, c’est vraiment substantiel », s’enthousiasme la première auteure. 

En ce qui concerne les condylomes, les baisses observées varient entre 31% et 67%, selon les tranches d’âges des femmes alors que les diminutions des lésions précancéreuses du col de l’utérus sont de 51% chez les 15 à 19 ans et de 32% chez les 20 à 24 ans. 

«Mise à jour» d’une publication de 2015 

«C’est une mise à jour de notre première revue publiée en 2015 qui incluait 18 études. Là, on en compte 65. À l’époque, on voyait déjà les premiers bénéfices de la vaccination soit la réduction significative des condylomes», précise Dre Drolet. «Mais là, ça se concrétise vraiment ces bénéfices-là.» 

Virus du papillome humain (VPH) 

  • Infections transmissibles sexuellement parmi les plus courantes;
  • Certaines formes causent des condylomes (verrues) aux parties génitales ou à l’anus;
  • D’autres provoquent des lésions pouvant conduire à un cancer de la bouche, de la gorge, du vagin, de la vulve, de l’anus, du pénis et surtout, du col de l’utérus.

Avant la vaccination :  

  • 300 cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année au Québec;
  • 3500 lésions de haut grade sont décelées chaque année;
  • 53 000 femmes subissent différents examens à la suite d’un PAP test anormal chaque année;
  • Le vaccin est administré depuis 2008.

*Source : La docteure en épidémiologie au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, Mélanie Drolet.