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«L’après-Séraphin» de Vincent Leclerc

«L’après-Séraphin» de Vincent Leclerc
Dominik Gravel / Agence QMI

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MONTRÉAL – Finira, finira pas? En entrevue à l’émission «Bonsoir bonsoir», le 30 mai dernier, le comédien Rémi-Pierre Paquin a laissé entendre que la prochaine saison des «Pays d’en haut», qui comptera seulement six épisodes et qu’on avait présentée comme la conclusion de la saga historique, ne serait finalement peut-être pas la dernière.

Dans l’entourage de la production, le mystère plane toujours, et plusieurs comédiens des «Pays d’en haut» sont encore tenus dans l’ignorance quant à l’éventualité d’une suite. Or, pour Vincent Leclerc, que la série se poursuive au-delà de 2020 ou pas, le bilan de «l’après-Séraphin» est déjà étincelant et mémorable.

Très populaire

En plus d’avoir fait connaître son visage au grand public, la relecture du classique de Claude-Henri Grignon lui a permis de gagner un trophée Gémeaux en 2016 pour son interprétation de l’avare Séraphin Poudrier et a entraîné un remplissage rapide de son agenda. Seulement cet été, il tourne dans «Ruptures», «Léo», le cinquième chapitre des «Pays d’en haut» et la nouvelle fiction de TVA, «Alerte Amber».

«Cette année, je suis devenu le gars que je voyais à la télé, il y a cinq ans, et qui me faisait dire:"Ah non, pas encore lui! Les producteurs n’ont tellement pas d’imagination!" (rires). J’en profite, mais je sais ce que c’est, aussi. J’essaie volontairement de différencier ces rôles-là. C’est une inquiétude que j’ai. J’essaie de garder ça en tête quand je compose les personnages», philosophe Vincent Leclerc en entrevue.

«Ç’a probablement été les plus belles années de ma carrière, et j’en suis conscient. "Les pays d’en haut" a fait en sorte qu’on me considère davantage pour des rôles où la matière demande un acteur aguerri. Ç’a renforcé ma confiance en moi, surtout que je n’avais pas fréquenté d’école de jeu. J’ai été à l’Université d’Ottawa, dans un programme général où on apprenait les métiers techniques, et j’ai étudié un an dans des écoles privées en France. Je me suis composé une formation moi-même, à travers les années. Les nominations aux prix Gémeaux et aux Artis m’ont confirmé que j’avais le droit d’être là et que le public m’aimait bien. Ç’a solidifié des choses au niveau de mon moi-même (sourire).»

L’artiste est heureux d’avoir su construire un Séraphin crédible, nuancé et apprécié. Il savait qu’on l’attendrait au détour, une figure comme Séraphin relevant presque de la mythologie dans l’imaginaire québécois.

«Sans me gonfler la tête, j’ai travaillé comme un clown là-dessus, avoue-t-il. Je suis très fier de ce qu’on a fait de cette série, collectivement, tout le monde ensemble. J’espère avoir une longue carrière, jalonnée de plusieurs défis, mais ce projet occupera toujours une place spéciale dans mon cœur.»

«Alerte Amber»

À l’automne, les téléspectateurs retrouveront Vincent Leclerc à TVA, sous les traits de Jonathan, un père déchiré par la disparition de son garçon autiste dans «Alerte Amber», un drame psychologique teinté de suspense écrit par Julie Hivon et réalisé par Stéphan Beaudoin, dont l'acteur vante le travail «tout en dentelle et en délicatesse».

Madeleine Péloquin incarnera Valérie, l’ex-femme de Jonathan et maman du petit Eliot (Élijah Patrice-Baudelot) disparu. Un adolescent «à problèmes» de 16 ans prénommé Logan (Lévi Doré) complétera le portrait familial, lequel sera troublé par la tragédie et l’enquête policière qui en découlera.

«Sans qu’il soit beige, cet homme-là, c’est un peu "Monsieur Tout-le-monde", explique Vincent Leclerc au sujet de son personnage de Jonathan. Il y a quelque chose de tout à fait commun chez lui. Sa famille et lui vont vivre le drame du mieux qu’ils le peuvent. Il n’y a pas de héros dans cette série, tout le monde essaie de passer à travers. C’est un peu comme vivre un deuil: l’histoire crée de l’agressivité, de la peine, du malaise...»