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Le plus grand succès aéronautique de l’histoire canadienne

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Dérivé du célèbre jet d’affaires Challenger, le Canadair Regional Jet (CRJ) est l’avion qui s’est le mieux vendu dans toute l’histoire canadienne, s’écoulant à 1900 exemplaires.

Au plus fort de la popularité du CRJ, en 2003, Bombardier a livré pas moins de 214 de ces avions de 50 à 100 places, soit près de 18 par mois. C’est davantage que la cible de 14 appareils par mois qu’entrevoit Airbus pour l’A220 (ex-C Series) d’ici quelques années avec les usines de Mirabel et de Mobile, en Alabama.

Mais depuis l’entrée d’Embraer dans ce lucratif marché, en 1997, Bombardier a graduellement perdu du terrain. Avec ses gammes ERJ et E-Jet, le constructeur brésilien a livré plus de 2700 jets régionaux, marginalisant la multinationale québécoise.

Dans le but de reprendre le dessus, Bombardier a lancé la gamme C Series de 100 à 150 places en 2008. Le projet a toutefois coûté beaucoup plus cher que prévu — environ 7 milliards $ US — et les commandes ont tardé à se manifester.

On connaît la suite : quasiment acculée à la faillite, Bombardier a accepté de verser 925 millions $ US à Airbus pour que le géant européen prenne le contrôle de la C Series, devenue A220. Depuis, le programme a repris du poil de la bête.

Erreur stratégique ?

Bombardier aurait-il dû développer un nouveau jet régional plutôt que d’agacer Airbus et Boeing avec des avions de plus grande taille ?

« Je ne suis pas un quart-arrière du lundi matin, a répondu hier le PDG de Bombardier, Alain Bellemare. C’est tellement facile de critiquer le passé, alors je ne ferai pas ça. »

Au fil des ans, Québec et Ottawa ont prêté 180 millions $ à Bombardier pour le développement du CRJ, mais vu le succès du programme, l’entreprise a remis 315 millions $ aux gouvernements.

La société d’État fédérale Exportation et Développement Canada a toutefois dû radier environ 150 M$ en lien avec des prêts consentis à des acheteurs d’avions CRJ.