/misc
Navigation

Les camionneurs parlent entre eux du «Québeckistan»

Coup d'oeil sur cet article

Les camionneurs québécois qui traversent chaque jour la frontière américaine ont rebaptisé entre eux la province le « Québeckistan » tellement nos routes leur font la vie dure.

« Les camionneurs se plaisent à dire que l’on est au “Québeckistan” ici. Il y a vraiment une bonne différence avec les États-Unis », lance Benoit Therrien, président de Truck Stop Québec, un média qui rejoint plus de 200 000 membres.

Pour Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec, c’est du jamais-vu.

« Seulement à Montréal, les pertes financières liées à la congestion routière frôlent les 132 millions $ par année. Sans parler des bris d’équipement, des remplacements de pneus ou de suspension », dit-il.

Rentabilité affectée

Une réalité qui se fait sentir jusque sur les bancs d’école.

« Le stress de la congestion et des chantiers peuvent décourager les plus jeunes à opter pour une carrière dans l’industrie », craint Bernard Boulé, directeur général de Camo-Route, le comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du transport routier au Québec.

Au-delà des mots, l’état lamentable du réseau routier saigne au quotidien le portefeuille des PME de transport, comme c’est le cas pour Transport Gilmyr, à Montmagny, dans Chaudière-Appalaches.

« Ça coûte entre 10 et 20 % de plus opérer au Québec qu’aux États-Unis à cause des routes. Dans mon cas, ça me fait perdre plusieurs centaines de milliers de dollars par année », déplore Gilbert Thibault, propriétaire d’une flotte de plus de 135 camions.

Pire encore, ces pertes financières explosent quand on ajoute le temps perdu à les réparer plutôt qu’à les faire circuler sur les routes pour livrer la marchandise.

Tout lâche

« Personne ne parle des pertes de temps. Si tu as une pièce à 1500 $ à réparer, et que ça te prend une journée à le faire, tu viens de perdre une journée de travail », tranche-t-il.

Même chose pour Pierre Aubin, propriétaire des 115 camions des compagnies de transport L’Express du midi, Les transports Audec et Les transports Delson, avec un chiffre d’affaires total de 30 millions $.

« Des réparations qui me coûtaient avant 50 000 $ par mois, par entreprise, à part les pneus, dépassent les 70 000 $ aujourd’hui. Les remorques craquent, les suspensions, les assiettes brisent, les ballons se défoncent. Tout veut lâcher », raconte-t-il.


♦   Vous avez des photos et des vidéos de routes à partager avec nous ? N’hésitez pas à nous écrire à l’adresse routesenderoute@quebecormedia.com