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Vente de la CRJ Series à Mitsubishi: les fournisseurs de Bombardier tout de même confiants

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Des fournisseurs de pièces et de services pour Bombardier espèrent que le nouveau patron des avions CRJ Series, le groupe japonais Mitsubishi, fera appel à l’expertise des compagnies québécoises pour la conception et la maintenance d’appareils.

«La balle est dans notre camp. Je pense que cela va être à nous au Québec de les rencontrer et d’expliquer ce que nous sommes capables de faire pour les inciter à investir ici. Cela peut également ouvrir les portes de l’Asie à plusieurs compagnies», estime Suzanne M. Benoît, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal. Il s’agit d’un organisme qui défend les intérêts de l’industrie québécoise de l’aéronautique.

Mardi, Bombardier a annoncé la vente du programme d’avions régionaux CRJ pour un montant de 550 millions $US. La transaction devrait être finalisée en 2020.

Pour l’heure, 42 appareils devront être livrés au cours des 18 prochains mois. Après, le programme va s’arrêter. Mitsubishi sera responsable «des activités de maintenance, de soutien, de remise à niveau, de marketing et de vente».

«Les fournisseurs savent depuis un bon moment qu’il s’agissait d’un programme en fin de vie. Plusieurs ont diversifié leurs clients», répond Mme Benoît. «L’arrivée de Mitsubishi est une bonne nouvelle. Ils vont pouvoir se faire connaître par ce grand joueur de 38 milliards $ en chiffre d’affaires. Lorsqu’il va constater la richesse de nos ressources, il va potentiellement considérer en faire plus au Québec. Pour fabriquer leur avion régional, le SpaceJet, Mitsubishi va avoir besoin de fournisseurs», poursuit-elle.

Cette dernière rappelle que la province est la «troisième capitale mondiale dans l’aérospatial» avec plus de 42 000 travailleurs et 15 milliards $ en chiffre d’affaires.

«De plus en plus, les grandes entreprises comme Google ou Microsoft investissent à l’étranger. Ils n’essaient plus de ramener les cerveaux chez eux», avance Mme Benoît. «Les grands groupent investissent aujourd’hui où il y a des talents», ajoute-t-elle.

Pas une mauvaise chose

Parmi les fournisseurs de Bombardier avec qui Le Journal a discuté, le Groupe Meloche, qui compte 220 employés, ne perçoit pas cette transaction d’un mauvais œil.

La direction espère toutefois que le nouveau propriétaire pensera aux entreprises québécoises pour la conception de ses prochains avions. Elle ajoute aussi que

Bombardier continuera de développer sa division pour les jets d’affaires ce qui devrait entraîner certains contrats.

«Il s’agissait d’une gamme d’avions en fin de vie. Cela ne devrait pas trop nous affecter. On espère que Mitsubishi continuera de développer des partenariats avec des compagnies québécoises», avance Réjean Meloche, président de l’entreprise spécialisée dans la production de pièces métalliques en impression 3D.