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Les garagistes témoins de la «catastrophe routière»

Ils ne sont pas tous contents même si leur chiffre d’affaires augmente de 30%

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Des marchands de pièces d’auto et des garagistes n’en peuvent plus de toujours réparer les mêmes morceaux qui brisent trop vite sur les routes du Québec, même s’ils font des affaires d’or.  

« C’est la catastrophe routière. Rien de moins. Les routes sont carrément dangereuses. Elles détruisent tout. Le système d’échappement écope. Le roulement de roues. Les cardans. De A à Z », dénonce André Gamelin, propriétaire de Pièces d’auto Super, à Longueuil.   

Les affaires ont beau être bonnes, M. Gamelin n’aime pas ce qu’il voit.   

« Même si on vend plus, ce n’est pas agréable pour nous parce que tout ce que l’on vend est appelé à nous revenir défectueux à plus court terme », affirme-t-il.   

Pour ajouter une couche, l’impatience des manufacturiers de pièces commence à se faire sentir, partage-t-il.   

« Tu vas vendre un item qui va revenir défectueux après un an et demi quand il est censé durer quatre ans ou cinq ans... au point où les compagnies commencent à être tannées de devoir honorer des garanties d’automobilistes du Québec », avance M. Gamelin.   

Pneus neufs fendus  

De leur côté, les garagistes n’ont jamais vu autant de pièces presque neuves être complètement détruites.   

« Il y a des gens qui arrivent avec des véhicules récents avec des pneus presque neufs fendus, démolis. Ils sont obligés de continuer à rouler, alors ça détruit les jantes. Ça brise tout », observe Pascal Marois, propriétaire de Marois Automobiles, à Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie.   

Direction, pneus, tout y passe.   

« Les suspensions et les amortisseurs de véhicules neufs, ce n’est pas donné, donc c’est sûr que c’est de gros frais pour les consommateurs », ajoute-t-il.  

Alain Blondeau.
Garagiste
Photo Francis Halin
Alain Blondeau. Garagiste

  

À Saint-Lambert, Alain Blondeau, qui a un garage depuis plus de 30 ans, n’en revient tout simplement pas. Il en voit de toutes les couleurs cette année dans son commerce Sonic.    

« Ça fait augmenter mon chiffre d’affaires de 30 % facilement. Pour nous, c’est bon, mais pas pour le client. [...] L’hiver dernier, tous les jours, je vendais un pneu ou une roue », raconte-t-il entre deux clients.    

Jusqu’à 3000 $  

« Les amortisseurs travaillent tellement qu’ils cassent. Ils se vident d’huile. Ça brûle ensuite les pneus », ajoute M. Blondeau.    

« Ce printemps, j’ai eu des véhicules avec des factures de 2500 à 3000 $ parce que les pièces de direction étaient complètement démolies en dessous des autos », conclut l’homme qui admet passer un temps fou à réparer ses véhicules de courtoisie.    

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