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Un système de fou

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Le vol massif d’informations personnelles de près de 3 millions de membres des caisses Desjardins est un acte gravissime. Il ne faut surtout pas banaliser un tel crime sous prétexte que d’autres organisations ont subi des actes similaires.

Perpétré à l’interne par un employé de Desjardins, maintenant congédié, le vol se serait étalé sur plusieurs mois. Ce qui semble trahir un manque sidérant quant à la sécurité des dossiers de ses membres. Le président Guy Cormier dit se sentir « trahi ». Le même sentiment habite ses propres membres.

Les mesures annoncées par Desjardins pour « protéger » les membres visés sont certes de bonne foi. Elles n’en trahissent pas moins les énormes brèches s’ouvrant à travers le monde quant à la protection des données personnelles.

Brèches

Offrir à ses membres un service de surveillance du crédit pour cinq ans chez Equifax en est l’ultime démonstration par l’absurde. Equifax ayant déjà été victime elle-même d’un vol majeur de données personnelles. Bref, c’est la maison qui rend fou d’Astérix.

« Soyez vigilants ! », exhortent les dirigeants de Desjardins. Comme si ses membres devaient se transformer en détectives privés, alors que leur protection relève de Desjardins. On le sait pourtant, être victime d’un vol d’identité est un cauchemar pouvant s’étendre sur plusieurs années. Le dossier de crédit des victimes en est gravement entaché.

Victimes

Comme si les victimes étaient des coupables, elles doivent en plus prouver leur innocence à répétition dès qu’elles veulent se procurer un bien ou un prêt. C’est la victime qui paie, dans tous les sens du mot, pour la négligence de puissantes organisations ayant failli à leur devoir de protection.

Face à un phénomène qui n’ira qu’en croissant, il est temps que les législateurs s’en mêlent. Les personnes subissant un vol d’identité doivent être reconnues pour ce qu’elles sont : des VICTIMES d’actes criminels. Un programme sérieux de soutien financier et de conseils juridiques doit être créé. Aux gouvernements d’agir.