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Vert pâle et promesses folles

Vert pâle et promesses folles
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Le nouveau vernis vert avec lequel la CAQ a voulu se teindre résiste difficilement aux promesses populistes. Profitant de la période estivale et de la fin des travaux parlementaires, le gouvernement Legault s’est empressé de prendre le contrôle du Fonds vert. Il pousse la farce, comme Justin Trudeau avec le pipeline Trans Mountain, jusqu’à laisser entendre qu’il pourrait recourir au Fonds vert pour financer une partie du troisième lien entre la ville de Québec et Lévis.

À la décharge de monsieur Trudeau, ce dernier se retrouvait dans une conjoncture plus embarrassante pour son gouvernement dans le processus de décision. Des provinces comme l’Alberta et la Saskatchewan demeurent très dépendantes de l’industrie pétrolière, faute d’avoir diversifié leur économie, et elles font d’énormes pressions sur le gouvernement fédéral pour qu’il ouvre la voie à de nouveaux marchés pour leur pétrole. Voulant ménager le chou et la chèvre, le premier ministre a donné le feu vert au prolongement du pipeline tout en promettant d’utiliser les revenus qui en découleront pour réduire notre empreinte écologique. Promesse douteuse qui a bien alimenté les caricaturistes et qui a fait bondir les groupes de défense de l’environnement. 

Du côté du gouvernement Legault, mis à part leur propre turpitude d’avoir promis un troisième lien dans la région de Québec pour s’attirer quelques votes, il n’existe pas vraiment d’autres bonnes raisons de construire un troisième pont entre les deux rives. À l’heure où la lutte contre les dérèglements climatiques s’impose par une réduction du recours aux énergies fossiles et par une optimisation des transports en commun, l’ajout de routes qui grossirait le parc automobile et qui amplifierait par conséquent les émissions de gaz à effet de serre, se révèle une grossière négligence.

À l’instar de plusieurs gouvernements occidentaux qui se sont débarrassés d’organismes de surveillance et qui préfère la gouvernance dans l’opacité, le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, compte également faire disparaître Transition énergétique Québec. Faire taire les voix discordantes pour tout contrôler afin de mieux répondre aux impératifs du marché et au clientélisme électoral ne gênent aucunement ces nouveaux valets des oligarques financiers, et ce, au risque d’accroître le déficit démocratique.  

L’adage veut qu’on reconnaisse la valeur des personnes à la lumière de ce qu’elles font et non à ce qu’elles disent. La CAQ peut bien se draper d’un beau discours pour exprimer sa sensibilité aux problèmes environnementaux, mais son action nous révèle son peu d’empressement à protéger la planète. Son vernis vert se dégrade rapidement à la surface !