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Des chauffeurs d’Uber veulent se syndiquer

Ces Québécois imiteraient des conducteurs torontois

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Payés « moins que le salaire minimum » et dénonçant des conditions de travail dangereuses, des chauffeurs d’Uber au Québec veulent emboîter le pas à leurs collègues de Toronto et se syndiquer, a appris Le Journal.

La grogne se fait sentir parmi les chauffeurs québécois d’Uber, alors qu’à Toronto, 300 employés ont officiellement joint les rangs des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), hier.

Ici comme dans la Ville Reine, ils dénoncent de piètres conditions de travail, un salaire inférieur au minium légal et une tarification qui les incitent à travailler dans des conditions dangereuses, l’hiver.

« Le salaire revient souvent à 10 $/h ou moins, l’essence n’est pas payée et nous ne recevons pas de pourboire », a résumé en entrevue un chauffeur, administrateur d’un groupe de chauffeurs québécois d’Uber dans les réseaux sociaux. C’est sans compter l’assurance nécessaire pour être chauffeur, l’entretien du véhicule et les impôts.

Demandes expédiées

Les TUAC, qui forment le plus important syndicat du secteur privé au Canada, affirment qu’ils ont reçu hier des demandes d’adhésion de chauffeurs du Québec. Celles-ci seront traitées au même titre que celles de Toronto, a expliqué un porte-parole.

« Peu importe où ils se situent, les chauffeurs d’Uber sont bienvenus dans notre syndicat », a dit Pablo Godoy.

Jonathan Tinsley, qui est à la tête d’un groupe nommé Association des chauffeurs partenaires du Québec, et Rafik Hanna, de l’Association professionnelle des chauffeurs Uber, jugent aussi la syndicalisation nécessaire. Ils refusent toutefois de dévoiler combien de chauffeurs soutiennent leurs démarches.

Chez Uber, on dit suivre la situation de près.

« Ce serait faux de dire qu’Uber est parfait, mais on s’améliore constamment pour mieux servir (les chauffeurs) », a indiqué au Journal un porte-parole d’Uber Québec, Jean-Christophe De Le Rue.

Certains chauffeurs sont plus contestataires que d’autres, mais dans l’ensemble ceux-ci se satisfont bien des conditions actuelles, a-t-il affirmé hier.

« Si on prend la voie de la syndicalisation, il y aura des revendications et on est là pour écouter et voir ce qui pourrait en être. Mais la plupart des chauffeurs (apprécient) la flexibilité, ils n’ont pas d’horaire, ils travaillent où et quand ils veulent. On a aussi fait plusieurs améliorations, on communique mieux, on est plus transparents. On a aussi fait en sorte qu’il est possible d’être payé à la journée plutôt qu’à la semaine », a-t-il énuméré.​