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Le grand cirque démocrate démarre

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À Miami, hier et aujourd’hui, deux débats mettant en scène 20 des 24 candidats à l’investiture démocrate marquent le début d’une course dont l’issue demeure incertaine.

Cette course sera longue. Si l’avance de l’ex-vice-président Joe Biden reste intacte, on pourrait assister à un couronnement, mais les élections récentes ont démontré l’imprudence de sauter trop vite aux conclusions.

Ce processus exténuant permettra de mieux connaître les candidats, mais il exposera le parti au risque de divisions coûteuses, car certains candidats ne reculeront devant rien pour défier les meneurs.

Quelles sont les chances des uns et des autres ? À quoi ressemblera cette course ?

Avantage Biden

Pour gagner sans heurts, l’ex-vice-président Joe Biden devra faire un parcours sans fautes, malgré sa réputation de gaffeur.

On attirera l’attention sur ses positions politiques passées, aujourd’hui dépassées ou controversées, mais Biden a déjà eu l’habileté politique de se rapprocher du consensus démocrate sur des enjeux comme l’avortement et le droit pénal.

Après Trump, c’est Biden qui sera la cible principale des autres candidats, ce qui comporte une part de risque, mais lui conférera aussi l’avantage de rester au-devant de la scène.

Les prétendants

Bernie Sanders est encore deuxième, mais ses appuis plafonnent. À gauche, la cote d’Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, est nettement à la hausse.

Comme Warren et Sanders se diviseront la gauche, plusieurs espèrent se faufiler au centre, dont notamment Kamala Harris, Pete Buttigieg, Beto O’Rourke, Amy Klobuchar et Cory Booker.

Entre ceux-là, je miserais sur Harris. La sénatrice de Californie, qui a reçu son éducation secondaire à Montréal, est une politicienne habile qui défend fermement ses convictions, tout en maîtrisant l’art d’esquiver les sujets épineux. Elle serait tout à fait capable de tenir tête à Donald Trump.

Parmi les candidats obscurs exclus du débat, celui qui pourrait surprendre est le gouverneur du Montana, Steve Bullock, qui a réussi à se faire élire de façon convaincante en 2016 dans un État qui a aussi voté pour Trump.

Deux certitudes

Au départ de cette course qui promet bien des surprises, il convient de rappeler deux certitudes.

D’une part, la personne qui remportera la nomination démocrate en juillet 2020 sera plus que le candidat ou la candidate d’aujourd’hui. Cette personne aura survécu à une course éreintante, et si le « peloton d’exécution circulaire » de cette course ne la tue pas, elle en sortira renforcée.

Il est aussi certain que, tout au long de ce processus, on ne manquera pas d’amplifier la paille dans l’œil des candidats démocrates, ce qui entraînera la chute de plusieurs d’entre eux, alors qu’on minimisera la poutre dans l’œil de l’actuel président.

Cette semaine, par exemple, les broutilles dont s’accusent mutuellement les aspirants démocrates disputent la manchette aux allégations de viol contre Donald Trump, aux entraves systématiques qu’il oppose aux enquêtes judiciaires et législatives, au traitement cruel des migrants à la frontière sud et à sa politique étrangère improvisée qui risque d’enflammer le Moyen-Orient. Et ça ne fait que commencer.