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Montréal ne mérite pas ces niaiseries

Pierre Boivin et Stephen Bronfman  ont rencontré les médias à Montréal, hier.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Pierre Boivin et Stephen Bronfman ont rencontré les médias à Montréal, hier.

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Montréal et Tampa ont effectivement un point en commun sur le plan sportif. Les Rays et...les Alouettes ! Non mais, quand on parle de dossiers sans queue ni tête, voilà deux exemples parfaits.

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On parle de la possibilité que les Rays déménagent chez nous depuis combien de temps ? Deux, trois, quatre ans ?

Le sort des Rays dépendait de la construction d’un nouveau stade, nous disait le commissaire du baseball

Rob Manfred. Jusque-là, on comprenait. C’était dans l’ordre des choses.

On savait comment ça fonctionnait. On était bien placé pour le savoir. On avait vécu la même chose avec les Expos et les Nordiques.

On recule

Mais ces dernières semaines, la situation a tourné au ridicule. On sait bien que la survie des Rays ne tient qu’à un fil en Floride et qu’ils sont destinés à déménager.

Or, voilà que l’on nous sert que des niaiseries comme cette étude sur la faisabilité que Tampa et Montréal se partagent la garde des Rays. Si c’est le jeu qu’il faut jouer pour ramener une équipe dans la métropole, ça fait cheap si vous me passez l’expression. Montréal ne mérite pas ça.

Manfred perd de la crédibilité

Le commissaire perd de la crédibilité dans cette affaire. Il n’a pas à cautionner ce genre de chose, ni à tremper dans des jeux de coulisses. C’est une pièce de théâtre de mauvais goût.

La MLB (30), la LNH (31), la NBA (30), la NFL (32) et la MLS (24) regroupent 147 équipes et aucune d’entre elles ne vit en garde partagée.

Aucune, zéro, zip !

Or, à chaque fois que Montréal ou Québec, dans le cas du hockey, se retrouvent au centre de pourparlers de déménagements ou d’expansions pour une équipe, c’est compliqué et tiré par les cheveux.

On dirait qu’il faut faire se mettre à plat ventre pour obtenir quelque chose des ligues sportives majeures ou des grands événements sportifs.

Ville en croissance

Certains disent qu’on n’a pas les moyens de nos ambitions. Pourtant, quand on regarde bien, l’économie du Québec et de Montréal se porte mieux qu’elle ne l’avait pas été depuis des lunes.

Une nouvelle ville sort des terrains des anciennes usines et manufactures qui faisaient vivre la population dans le sud-ouest de la ville. Les condos et habitations qui poussent ne sont pas tous des airbnb.

Il y a de la vie dans le Griffintown. Les gens qui y aménagent ont de bonnes professions ou des métiers payants.

Les joueurs diraient non

Pour ces raisons et pour des questions de logistique, je me disais encore en écoutant Stephen Bronfman et Pierre Boivin dans l’édifice abritant les quartiers des investissements

Claridge, hier après-midi, que le concept des villes sœurs, comme ils le surnomment, ne tient pas la route.

Pas besoin d’une étude pour savoir ça.

Les amateurs encourageraient-ils vraiment une équipe qui ne serait la leur qu’à moitié ?

Pour sa part, l’Association des joueurs ne donnerait pas son appui à un tel modèle. Il leur faudrait verser des impôts dans deux pays et payer des loyers dans deux villes.

Comme l’a mentionné Brad Ziegler la semaine dernière, un ancien lanceur qui a lancé une dizaine d’années dans les majeures et qui a été représentant syndical, les joueurs ayant des familles auraient à composer avec les aléas que la dualité de leur travail leur causerait.

Il faudrait deux pédiatres pour les enfants, deux médecins pour la famille, deux vétérinaires pour les animaux de compagnie, deux domiciles à payer, deux bicycles à deux roues, alouette !

La solution espérée

Le maire de St. Petersburg, Rick Kriseman, ne veut rien savoir d’une garde partagée avec Montréal.

Son prédécesseur Bill Foster estime que les Rays sont proches de la sortie et qu’ils sont appelés à partir.

Il y aurait une solution plus facile pour tout le monde et qui a été avancée l’hiver dernier par le journaliste Marc Tompkin du Tampa Times.

Le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, ne veut pas passer comme le mauvais garçon dans cette histoire. Il cherche une façon élégante de s’en sortir.

Originaire de Brooklyn, Sternberg a grandi en encourageant les Mets de New York. C’est son équipe de prédilection.

Le propriétaire majoritaire des Mets, Fred Wilpon, n’est pas très populaire depuis qu’il est soupçonné d’avoir empoché 300 millions dans le scandale Madoff. Il avait été rapporté en premier lieu qu’il avait été floué de 700 millions.

On prête l’intention à Sternberg de vouloir acheter les Mets quand ils seront en vente. Le Groupe de Montréal aurait alors le champ libre pour se porter acquéreur des Rays.

Ça réglerait la question.

Lorsque Jeff Loria a vendu les Expos au baseball majeur, il a fait l’achat des Marlins de la Floride et les propriétaires majoritaires de la formation floridienne ont mis la main sur les Red Sox de Boston.

Tout le monde était content.

C’est ce qu’on veut, nous aussi.