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Pas d’accusation criminelle contre notre journaliste

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Aucune accusation criminelle ne sera déposée contre le journaliste Michaël Nguyen, du Journal de Montréal, dont l’ordinateur a été saisi par la police en 2016 à la suite d’une plainte du Conseil de la magistrature.

 

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) l’a informé de sa décision jeudi après-midi.

« Je n’avais aucun doute qu’il s’agissait du seul dénouement possible, mais ça reste un soulagement », a réagi le reporter en remerciant tous ceux qui l’ont appuyé, « en particulier la direction du Journal qui a toujours été derrière moi ».

« Nous avons soutenu depuis le départ que les agissements du journaliste étaient tout à fait légaux et sommes très heureux de la décision du DPCP », a dit son avocat, Me Marc-Antoine Carette.

Le 21 septembre 2016, l’ordinateur de M. Nguyen a été saisi par la Sûreté du Québec à la suite d’une plainte du Conseil de la magistrature qui prétendait avoir été victime d’une « intrusion » sur son site internet.

Le 3 juin précédent, Le Journal avait révélé que la juge Suzanne Vadboncoeur, de la Cour du Québec, comparaîtrait devant le Conseil pour avoir insulté un constable du palais de justice de Montréal après un souper avec d’autres juges.

Simple recherche Google

Le reportage de notre collègue était accompagné d’une vidéo embarrassante montrant la juge sortir de sa voiture et s’emporter, en agitant les bras, parce que la porte du stationnement ne s’ouvrait pas.

Or, ces images étaient disponibles par une simple recherche sur Google.

« Avant de déclencher une enquête criminelle sur les actions de notre journaliste, le Conseil de la magistrature aurait dû vérifier que son site internet où se trouvaient les documents en question était sécurisé », arguait le rédacteur en chef du Journal, Dany Doucet.

Au lendemain de la perquisition dénoncée par plusieurs médias et la communauté journalistique, les députés de l’Assemblée nationale avaient adopté une motion pour la protection des sources journalistiques.

« Il est malheureux que le Conseil de la magistrature ait utilisé une procédure extrême et intrusive comme une perquisition de l’ordinateur d’un journaliste alors que celui-ci ne faisait que son travail en visitant légalement son site web. Il était grand temps que ce mauvais moment pour la liberté de presse se termine après trois ans », a déclaré Me Bernard Pageau, directeur principal des affaires juridiques de Québecor Média.


► Le DPCP s’est refusé à tout commentaire jeudi. L’ordinateur saisi sera remis au Journal sous peu.