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Quatre jours pour des analyses d’eau

Le programme de l’État est sur une base volontaire

Alain Saladzius, de la Fondation Rivières, est à la plage de Verdun, fermée dès qu’il y a 5 mm de pluie en trois heures à cause des risques de déversements d’eaux usées.
Photo Hugo Duchaine Alain Saladzius, de la Fondation Rivières, est à la plage de Verdun, fermée dès qu’il y a 5 mm de pluie en trois heures à cause des risques de déversements d’eaux usées.

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Les Québécois peuvent se baigner jusqu’à quatre jours dans une eau contaminée avant qu’une plage ne soit fermée via le programme de surveillance du gouvernement, dénonce un organisme.

Des plages sont ouvertes quand l’eau est contaminée et fermées alors que l’eau est bonne, conclut la Fondation Rivières.

« C’est un gaspillage de fonds publics », tranche le président, Alain Saladzius.

Son organisme a compilé les interdictions de baignade des deux dernières années à la suite de tests menés par le programme Environnement-Plage.

Sur une quarantaine de plages fermées, plus du tiers ont interdit l’accès à l’eau deux jours ou plus après des tests confirmant la présence de contaminants. Pour les autres, la fermeture a quand même eu lieu le lendemain des prélèvements.

Trop long

Les mêmes délais s’appliquent aussi pour rouvrir les plages. C’est trop long, juge la Fondation Rivières, estimant que les eaux peuvent être redevenues contaminées le temps que l’analyse est terminée.

La population est induite en erreur, ajoute l’organisme, surtout que seulement environ cinq tests par année sont faits.

De plus, ce programme gouvernemental est uniquement sur une base volontaire. C’est-à-dire que les responsables qui ne souhaitent que leurs plages soient surveillées n’ont aucun compte à rendre, déplore M. Saladzius. Et depuis 2016, le nombre de plages participantes baisse, passant de 251 à 235.

Lettre au ministre

La Fondation Rivières a écrit au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, pour lui exprimer ses craintes. Leurs tentatives auprès du précédent gouvernement libéral sont restées lettres mortes, dit l’organisme.

Par courriel, l’attaché de presse du ministre, Louis-Julien Dufresne, souligne que les services « demandent certains délais ». Pour le reste, le gouvernement se dégage de toute responsabilité, soulignant que « la qualité des eaux de baignade d’une plage appartient à son exploitant ».

« Irresponsable », lance M. Saladzius, rappelant que la santé publique relève de l’État. C’est aussi lui qui impose des balises aux exploitants, poursuit-il.

Le spécialiste rappelle qu’il existe maintenant des façons d’analyser la qualité de l’eau aussi rapidement qu’aux 15 minutes. Ce qui permettrait non seulement de mieux protéger les baigneurs, mais d’éviter les fermetures trop longues inutilement.