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Samasource ouvre un bureau à Montréal

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L’entreprise techno de San Francisco Samasource qui emploie des milliers de travailleurs défavorisés en Afrique pour développer ses logiciels d’intelligence artificielle s’implante à Montréal, a appris Le Journal.



«Ces trois prochaines années, on prévoit embaucher une bonne quarantaine de travailleurs. On est impressionné par la qualité des ingénieurs ici», explique le vice-président ingénierie de Samasource, Loic Juillard, qui prendra la tête du centre montréalais.



Selon M. Juillard, c’est la force de Montréal en intelligence artificielle et l’approche de Montréal International (MI) et d’Investissement Québec (IQ) qui ont séduit l’entreprise de la Silicon Valley.



Sous-traitance

Fondée à San Francisco en 2008, Samasource crée des outils d’intelligence artificielle qui sert l’industrie du transport, comme les voitures autonomes, mais aussi la réalité́ virtuelle et augmentée, les biotechnologies ou même l’agriculture.



Pour y arriver, Samasource fait appel à la sous-traitance. Elle a recours à de la main-d’œuvre issue des couches les plus pauvres du continent africain pour aiguiser ses logiciels.



Une fois formés, ces travailleurs sont outillés pour classer des images, une tâche essentielle qui permet de décupler la force des logiciels de Samasource, qui a de gros clients comme Facebook, Microsoft ou Walmart.



Pauvreté

Samasource, qui se donne pour mission de démocratiser le numérique aux personnes marginalisées, se défend bien de miser sur une main-d’œuvre bon marché dans des pays ravagés par la pauvreté comme le Kenya ou l’Ouganda.



« Ces dernières années, plus de 10 000 personnes ont travaillé pour nous. Ces employés-là gagnent de trois à quatre fois le salaire normal. Si l’on tient compte de leur famille, on peut dire que nous avons aidé plus de 50 000 personnes à sortir de la pauvreté», souligne Loic Juillard.



Au Kenya, plus de 2000 personnes oeuvrent au sein de la compagnie, une richesse à la fois pour Samasource et pour les travailleurs qui peuvent espérer décrocher un emploi dans ce secteur névralgique grâce à leur expérience, estime la société.



« Ce n’est pas du cheap labor », résume Loic Juillard.



- Avec la collaboration d'Andrea Valeria