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S’intégrer à un nouvel emploi : comment survivre au syndrome de l’imposteur

S’intégrer à un nouvel emploi : comment survivre au syndrome de l’imposteur
Photo crédit : Marilyne Houde

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Commencer sa première «vraie job» ou obtenir une promotion, voilà des moments charnières qui méritent d’être célébrés.

Un coup les bulles de champagne digérées, des difficultés d’adaptation peuvent engendrer une forme d’anxiété qui pousse à se remettre en question maladivement. Je parle ici de l’infâme syndrome de l’imposteur. 

Pour en avoir souffert pendant plusieurs mois lors de mon premier emploi en finance, je confirme que c’est très pénible, parfois paralysant, souvent angoissant. 

  • «C’est évident qu’ils ont fait une erreur dans le processus de sélection.»
  • «Ma boss m’a dit que j’ai bien fait, mais c’était poche mon affaire. J’ai dû être chanceux.»
  • «Je ne comprends rien dans ce meeting, mais si je pose une question, je vais avoir l’air d’un imbécile.»
  • «Est-ce qu’on va bientôt me démasquer pour me foutre à la porte?»

Je me sentais perdu et sans repère dans un cubicule de 30 pieds carrés. 

Ce genre de tourments hantent les heures de travail, et même les temps libres, de ceux qui croient à tort ne pas être à la hauteur.

Parce qu’il faut bien distinguer les véritables imposteurs de ceux qui souffrent du syndrome de l’imposteur. Dans le deuxième cas, on fait référence à des gens compétents qui peinent à internaliser et à s’approprier leur succès. 

Ils ont aussi tendance à exiger l’impossible d’eux-mêmes. Car oui, être trop perfectionniste est un très vilain défaut, en plus d’être une réponse nulle à la fameuse question d’entrevue : «Quel est ton pire défaut?».

Pour les victimes du syndrome, le problème ne réside donc pas dans leurs aptitudes et la qualité de leur travail, mais dans leur perception décalée de la réalité et des attentes. 

Heureusement, c’est surmontable

La première étude sur le sujet a eu lieu dans les années 70 auprès de femmes hautement compétentes ayant obtenu des postes prestigieux, traditionnellement réservés aux hommes. Dans ce contexte, on peut comprendre que l’environnement parfois hostile dans lequel elles avaient atterri pouvait contribuer au sentiment de ne pas être à leur place.  

Or, selon d’autres études plus récentes sur le phénomène, on estime qu’environ 70% des gens en feront l’expérience au cours de leur carrière. De l’artiste adulé jusqu’au technicien dentaire, nul n’est à l’abri de succomber à cette forme  d'anxiété.

Chaque histoire est différente et les façons de s’en sortir varient tout autant. Mais à la lumière de mon expérience et de mes lectures sur le sujet, j’ai constaté qu’on retrouve plusieurs similitudes chez les «affligés de l’imposture imaginaire».

Le besoin d’être une star indispensable

S’intégrer à un nouvel emploi : comment survivre au syndrome de l’imposteur
Photo crédit : Unsplash

C’est mon premier jour. Je porte ma plus chic cravate et un complet fraîchement ajusté. J’entre dans l’immeuble du centre-ville, porté par des papillons dans l’estomac. 

«ENFIN, I MADE IT!»

Jusqu’à présent, j’ai connu un succès relativement facile. J’ai toujours bien performé à l’école et dans mes jobs d’étudiant. Dans l’ascenseur, je m’imagine déjà être la recrue vedette, le wiz kid qui va révolutionner la place. 

Avec le recul, je réalise à quel point j’étais naïf de penser ainsi et comment ça a fortement contribué au stress que j'ai vécu les mois suivants. 

Mon conseil : Si tu deviens l’expert indispensable du bureau trop rapidement, c’est peut-être un signe que ce travail ne te permettra pas de t’épanouir pleinement. Quand c’est difficile, ce n’est pas parce que tu es soudainement un imbécile, c’est plutôt le moment idéal pour apprendre et te développer. 

La fausse idée que les autres sont en parfait contrôle

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Photo crédit : Unsplash

Mes collègues parlent dans un langage étrange d’acronymes que même Google ne peut traduire. Sur mes quatre écrans d’ordi défilent des données et des rapports plus indéchiffrables que le code de la Matrice. 

Je panique. Ma cravate éponge mes sueurs froides. Je recommence à fumer. Je n’ai plus d’ongle à ronger. 

Mon voisin de cubicule vaque à ses occupations avec une aisance désarmante. Le maudit fatigant se permet même de chantonner des tounes de merde en travaillant.  

«Comment se fait-il qu’il comprenne tout, lui? On a le même diplôme. Maudit, je savais que je n’aurais pas dû aller à l’UQAM!»

Depuis, l’expérience m’a appris quelque chose qui me sert dans toutes mes nouvelles jobs : personne ne sait vraiment ce qu’il fait à 100% et il ne faut pas craindre de faire des erreurs. 

Le problème avec le syndrome de l’imposteur est qu’on en vient à surestimer les autres pendant qu’on se sous-estime. On a l’impression que leur attitude décontractée signifie une plus grande maîtrise. 

Quand les choses se sont finalement replacées, j’ai réalisé que le gars d’à côté était un incompétent de calibre olympique. C’était lui l’imposteur, mais contrairement à moi, il ne passait pas ses soirées avec la poitrine en motton à vouloir tout sacrer là. 

Mon conseil : Je ne te connais pas, mais tu la mérites ta place. Nul n'est tenu à l'impossible. Fais de ton mieux. À moins d’être un cardiologue, c’est quoi le pire qui peut arriver si tu rates ton coup ou improvises un peu?

La peur d’être démasqué en posant trop de questions

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Photo crédit : Unsplash

Les gens qui croient avoir la science infuse et pouvoir tout faire en solo sont souvent les vrais incompétents... ou des sociopathes.

Le principe est très simple : personne ne t’en voudra de poser des questions et de demander de l’aide. D’ailleurs, c’est très valorisant pour les autres d’être sollicités.

J’ai justement vu la lumière au bout du cubicule quand une nouvelle collègue m’a questionné sur un programme de transactions boursières. J’étais tellement heureux et soulagé d’avoir la réponse.

C’est là que le déclic s’est fait. «Ah, peut-être que je ne suis pas si pire après tout!»

L’important est d’être attentif afin de ne pas en venir à importuner les autres.

Mon conseil : Ne reste pas dans ton coin à te morfondre. Fais-toi des amis ou des alliés au moins. Mais surtout, sois honnête. Il n’y a rien de mal à dire, «je ne sais pas» ou «je ne comprends pas». 

Une nuance importante pour terminer

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Photo crédit : Unsplash

 

Une culture d’entreprise et un patron toxique peuvent contribuer à mettre en doute ses compétences et ultimement mener au syndrome de l’imposteur.

Il faut donc faire tout en son possible pour distinguer les sources de l’anxiété. Si elle est interne, il faut simplement se rappeler qu’on mérite notre place et qu’avec le temps on se développera suffisamment pour se sentir en contrôle. 

Si les causes sont externes, je ne conseille pas de tout lâcher au premier obstacle, mais à défaut de voir les circonstances changer, il devient possiblement préférable d’aller où on saura apprécier tes talents et t'encadrer convenablement.

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