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Une entreprise québécoise vend des leggings faits de bouteilles de plastique

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Crédit: Avril Franco Photographe

Trois Québécois ont fondé Rose Buddha, une entreprise qui confectionne des leggings stylés et écoresponsables à partir de bouteilles de plastique recyclées. Plus qu’un projet commercial, les propriétaires s’inspirent de leur mode de vie. Récit d’entrepreneurs.

C’est dans les locaux de la radio où elles travaillaient que se rencontrent Madeleine Arcand et Maxime Morin. Toutes deux ont une soif d’entrepreneuriat qu’elles décident d’assouvir. Elles s’associent au chum de Madeleine, Benoit, et lancent leur projet en 2016. 

Plutôt que de créer quelque chose de complètement nouveau, le trio préfère changer ce qui existe déjà. «Les vêtements sont en train de tuer la planète», nous dit Madeleine au téléphone. C’est donc à cette industrie du textile, la deuxième plus polluante au monde, qu’ils décident de s’attaquer tous les trois.

Puisqu’ils sont passionnés de yoga, c’est vers les leggings que se porte leur intérêt. D’autant plus que ce vêtement est parmi les plus vendus de l’industrie vestimentaire.

«On s’est dit, “on va faire un legging parfait”», raconte la cofondatrice de Rose Buddha.

 

Des valeurs et des couleurs

Crédit Photo: Avril Franco Photographe

Leurs vêtements doivent sortir du lot, non seulement dans leur apparence, mais aussi dans leur confection.

Au départ, les trois fondateurs ne connaissent pas grand-chose à l’univers dans lequel ils bâtissent leur avenir. «Je faisais des reportages à la radio, je ne connaissais rien au textile», explique Madeleine.

Ils se laissent toutefois guider par leur souhait de rassembler les valeurs écologiques et le souci esthétique dans leur produit.

«On s’est mis à chercher des textiles de l’avenir.» 

Ils découvrent une entreprise américaine qui conçoit du textile avec des bouteilles de plastique recyclées. Ce sera leur matière première.

Ensuite, pour les motifs de leurs leggings colorés, ils décident d’utiliser une technique écologique, de sublimation, qui permet d’imprimer des motifs grâce à l’évaporation de l’encre vers le tissu.

Ils impriment également les motifs des deux côtés du vêtement afin qu’il soit réversible. 

Hormis l’achat du textile auprès de leur partenaire américain, tout le reste du travail est fait localement au Québec. Les leggings sont d’ailleurs cousus en Beauce.

Toujours près des valeurs de ses propriétaires, l’entreprise opère aussi selon une philosophie zéro-déchet.

Des obstacles à passer

Quand on lui demande à quelles difficultés elle a fait face, Madeleine répond sans hésiter: «Ne pas aller produire en Asie, c’est difficile». En effet, il est cher et compliqué de trouver de la main-d’œuvre pour concevoir des vêtements au Québec.

Néanmoins, l’entreprise tient son engagement de produire localement et ne regrette pas son choix.

Le deuxième grand obstacle est, comme pour grand nombre d’entrepreneurs, le financement. Les 5000 $ que chaque cofondateur a investis ne sont pas suffisants pour faire croître l’entreprise et préparer les inventaires.

Au début, il est difficile pour les banques et les investisseurs de faire confiance à ces jeunes inexpérimentés.

Mais en débloquant quelques petits prêts successifs, les entrepreneurs montrent qu’ils ont des idées innovantes et qu’ils savent les mettre à profit. Les chiffres d’affaires réalisés finissent de prouver le potentiel de leur entreprise.

Un début flamboyant

Malgré ces difficultés, Rose Buddha connaît des débuts fulgurants. Les 200 premiers leggings, produits de la poche des trois propriétaires, se vendent en 24 heures.

En 2017, première année complète d’exercice, ils font 150 000 $ de chiffres d’affaires. Un an plus tard, ils montent à un million de dollars.

Même s’ils ne se versent pas de très hauts salaires, les entrepreneurs vivent actuellement de leur projet et le développent autour de leurs passions et de leurs valeurs.

En plus des leggings, ils entretiennent un studio de yoga qui leur sert également de boutique au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve.

Un rêve comme guide

Crédit Photo: Avril Franco Photographe

Les propriétaires de Rose Buddha ne souhaitent pas s’arrêter là. Mais ils ne veulent pas non plus devenir une trop grande entité.

Leur rêve est de voir Rose Buddha grandir assez pour entretenir une vingtaine d’employés qui travailleraient sans stress dans des bureaux éclairés entourés de plantes et iraient en vacances deux mois par année.

«On ne veut pas devenir une multinationale, on veut être heureux», conclut Madeleine.

Pour celles et ceux qui voudraient suivre son modèle, elle n’a qu’un conseil: ayez une différence. 

 

Visitez leur site ou leur Instagram pour en savoir plus. 

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