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Choisir son camp

<b><i>Dans quel camp êtes-vous ?</i></b><br />
Pierre Dubuc<br />
Éditions du Renouveau pédagogique
Photo courtoisie Dans quel camp êtes-vous ?
Pierre Dubuc
Éditions du Renouveau pédagogique

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Heureusement que la gauche au Québec ne se limite pas à Québec solidaire, qui croit bien souvent détenir le monopole des idées progressistes. Il existe une autre gauche, non sectaire, qui depuis des années milite autour du Parti québécois et qui possède même son propre journal, l’hebdomadaire L’aut’journal.

Pierre Dubuc, qui dirige ce journal, n’a jamais lâché prise pendant toutes ces années. On le connaît peut-être moins que certains militants de QS, mais n’empêche, on gagne à le lire.

Dans son dernier opus, Dubuc tente de répondre à Francis Boucher, qui a publié, en 2018, La grande déception – Dialogue avec les exclus de l’indépendance, où l’auteur affirme, entre autres, que « la poussée de fièvre identitaire qui s’est emparée d’une partie du mouvement souverainiste a fait beaucoup de dommages collatéraux ».

Pour Francis Boucher, le mouvement souverainiste aurait perdu sa mouvance tiers-mondiste et il serait désormais tenté par le discours « revanchard », ce qui le conduirait à rejeter le multiculturalisme qu’il semble voir, lui, d’un bon œil. « Le souverainisme est entré dans une phase dégénérative, très souvent xénophobe, parfois carrément raciste », affirme-t-il. Les Québécois seraient aussi des « colonisateurs » qui ont erré dans leurs relations avec les Autochtones. Comme on peut le constater, Boucher a produit ici un florilège de tous les propos affligeants qu’on entend aujourd’hui chez les opposants à la loi 21.

Il convient de se demander : Dans quel camp est-il ? « Dans celui qui lutte pour l’émancipation nationale et sociale du Québec » ou dans celui du statu quo, dans « le camp du Canada “postnational”, colonisateur et impérialiste ? »

Nation et nationalisme

Dans ses réflexions, Dubuc propose une définition de la nation québécoise (« une communauté de langue française historiquement constituée, puisant ses origines en Nouvelle-France et ayant assimilé au cours des siècles des gens de différentes origines »). Il ajoute que la nation québécoise partage un territoire, une langue, ce « qui se traduit par une culture commune ».

Dubuc passe ensuite en revue les différentes formes de nationalisme au Canada, de Lord Durham à Pierre Elliot Trudeau, en passant par le rapport Larose, le manifeste des « jeunes modernistes », regroupés autour d’André Boisclair, les thèses de Michael Ignatieff, etc. S’il est une constante qui ressort, c’est que « le mouvement d’émancipation de la nation québécoise se butera, même au terme d’un référendum gagnant, à la “vérité” du Canada anglais ».

Finalement, de conclure Dubuc, la lutte de libération nationale « demeure le maillon faible de la chaîne de domination en Amérique du Nord ». Il fustige le programme de QS qui parle de nationaliser les moyens de production, alors qu’il s’agit de rallier le plus grand nombre de personnes, même celles « qui peuvent être hostiles au socialisme ». Finalement, dans quel camp êtes-vous ?