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Le camp le plus ennuyant du monde

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C’est les vacances ! Plus de 5 millions d’élèves canadiens ont maintenant droit à une pause des bancs d’école. Camp d’équitation, de science, de théâtre, d’escalade... si vous avez des enfants, vous y êtes entrés à pieds joints : l’horaire d’été.

Il est pour certaines familles plus chargé que le reste de l’année. C’est à croire que la définition des vacances ne correspond plus à la réalité de milliers de familles.

À Boucherville, j’étais monitrice de camp de jour : Igloo de mon prénom. Igloo a été traumatisée en constatant qu’il y avait un énorme trou dans le curriculum des jeunes qui fréquentaient son camp. Il leur manquait une aptitude de base : savoir ne rien faire.

Nous vivons dans une société où il faut tout réussir, même nos vacances. Mais qu’est-ce que des vacances réussies ? Avoir vu le plus de spectacles en plein air ? Avoir fréquenté les camps de jour les plus sophistiqués ? Je me questionne.

Du lousse, s’il vous plaît !

Pourquoi « vacances » devrait-il rimer avec « performance » ? Pourquoi ne pas s’inscrire au camp le plus plate au monde ? Un camp gratuit qui permet de planifier le « ne rien faire », de prévoir des plages de temps pour ne rien prévoir.

Récemment, ma sœur, son chum et leur fils ont été coincés à Terre-Neuve pour un congé forcé de quatre jours. Ce furent les plus belles vacances de leur vie. Pourquoi ? Parce qu’ils ont eu du lousse. Rien de prévu, pas d’horaire. Et savez-vous ce qu’ils ont fait ? Rien. Parce que justement, il n’y avait rien de planifié.

Ce ne sont pas les enfants qui sont les obstacles au lousse, mais leurs parents, qui auraient alors l’impression de ne pas donner le meilleur à leur progéniture, de ne pas assez les stimuler.

Et si le meilleur était de leur donner quelque chose de très rare auquel ils n’ont jamais accès : du temps ?