/news/currentevents
Navigation

Agressions sexuelles: Paul Mukendi coupable

Le jury a pris quatre jours avant de rendre son verdict

Coup d'oeil sur cet article

« L’Apôtre de Québec » Paul Mukendi a été reconnu coupable sur toute la ligne des neuf chefs d’accusation d’agressions sexuelles, voies de fait armées et menace de mort qui pesaient contre lui.

Le verdict des 11 jurés est tombé après une délibération de quatre jours. Le leader de l’Église Parole de Vie, à Vanier, était accusé d’agressions sexuelles sur une membre de l’église entre 2002 et 2016.

La victime n’était âgée que de 14 ans lorsque les premiers gestes ont été commis, alors que Mukendi habitait chez ses parents à son arrivée au Québec. « L’homme de Dieu » avait beaucoup d’emprise au sein de cette famille puisqu’il était considéré comme un oncle.

Tournure violente

La mère de la victime l’avait même donnée « en offrande », et l’accusé lui disait qu’elle avait comme mission de s’occuper de sa famille. C’est pour cette raison que les accusations font état d’une situation d’autorité de l’accusé envers la victime.

« Pour [la victime], c’est un immense soulagement d’être crue. Elle a eu la tête haute pendant tout le procès », a souligné la procureure de la Couronne, Sonia Lapointe.

Mukendi a directement pris le chemin de la prison après que soit tombé le verdict. Il devrait connaître sa sentence en septembre. La défense a déjà signifié son intention d’interjeter appel.

La victime, aujourd’hui âgée de 31 ans, a avoué lors du procès avoir eu des relations sexuelles consentantes avec le révérend. Toutefois, la relation a pris une tournure violente en mars 2016 dans l’appartement de la victime, sur la rue Saint-Jean.

Mukendi aurait fait irruption dans l’appartement dont il avait la clé. Mukendi avait agrippé sa victime pour se livrer à des voies de fait, notamment avec une ceinture, puis en la menaçant de mort. Trois chefs d’accusation étaient en lien avec cette agression.

Thèse écartée

Le verdict de culpabilité signifie que le jury n’a pas retenu la thèse de la défense, selon laquelle la victime a inventé cette histoire de « A à Z » après que le révérend ait cessé de payer une partie de son loyer et de ses billets d’autobus.

Dans une requête qui avait été présentée hors jury puis rejetée dans le cadre du procès, d’autres membres de l’église de Vanier ont dit avoir été victimes de l’accusé. L’une d’entre elles aurait même dû se faire avorter à la suite de sa relation avec Mukendi.

Les jurés n’étaient pas au fait de ces allégations tout au long des délibérations.