/news/consumer
Navigation

Le prix des loyers est-il trop élevé ou pas assez?

Coup d'oeil sur cet article

Les prix moyens des loyers continuent d’augmenter à Montréal, mais ce n’est pas une mauvaise chose, estiment les propriétaires.

À l’approche du 1er juillet, ils croient même que le coût moyen des appartements dans la métropole ne reflète pas encore la réalité du marché.

«C’est normal qu’il n’y ait plus de loyers à 500 $. La réalité, c’est que ça coûte 800 $ maintenant», a soutenu Hans Brouillette, directeur des affaires publiques à la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

L’organisme, qui représente 25 000 propriétaires et gestionnaires d’immeubles au Québec, soutient qu’une augmentation annuelle de plus de 0,8% pour un locataire de longue date a peu de chance d’être acceptée devant la Régie du logement.

L’inflation étant supérieure à ce seuil, il est normal que lorsque l’appartement se libère, le bail grimpe considérablement afin de se conformer au marché.

«Selon nos études, l’inflation est plutôt de 2,2%. On ne dit pas que tout le monde doit être augmenté de ce montant chaque année, mais c’est normal qu’avec le 0,8% de la Régie, on accumule un retard», a illustré Hans Brouillette.

Pénurie

Ce retard, selon lui, est en partie responsable du manque de logements que l’on observe cette année dans la région métropolitaine. Passé sous la barre des 2%, le taux d’inoccupation des loyers n’a jamais en effet été aussi bas dans les 14 dernières années à Montréal.

«Si les prix étaient au niveau du marché, ça redeviendrait intéressant pour les propriétaires de construire de nouveaux logements», a laissé entendre M. Brouillette.

Évidemment, les organismes qui défendent les droits de locataires raisonnent d’une autre façon. Pour eux, le manque d’appartements à Montréal est la conséquence de leur coût élevé.

«Ce n’est pas vrai que toutes les hausses sont justifiées: souvent, il n’y a même pas eu de travaux ou d’augmentation de taxes importantes. Certaines vont bien au-delà de l’inflation», a souligné Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et association de locataires du Québec (RCLALQ).

Une étude du RCLALQ démontrait cette semaine que les loyers annoncés présentement sur Kijiji, qui sont donc offerts à de nouveaux locataires, sont environ 25% plus coûteux par rapport à la moyenne des baux signés l’an dernier, des données récoltées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et qui comprennent les locataires de longue date.

«C’est difficile comparer des chiffres qui ont été récoltés de manières aussi différentes, mais ça démontre à quel point les propriétaires peuvent profiter du départ d’un locataire», a conclu Maxime Roy-Allard.