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L’investissement socioparticipatif

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Q : J’ai récemment reçu un courriel m’invitant à une ronde d’investissement socioparticipatif. Est-ce une bonne affaire ?


R : Si vous n’avez pas peur du risque, c’est pour vous.

Qu’est-ce que l’investissement socioparticipatif (ou crowfunding) ? C’est un mode d’investissement calqué sur le sociofinancement issu de plateformes comme Kickstarter, la Ruche, Haricot, Ulule, Indiegogo, Kiss Kiss Bank Bank, Fundo et Yoyomolo. On y fait un don pour, normalement, obtenir une contrepartie (par exemple, une version bêta d’un produit ou le CD d’un artiste).

Avec l’investissement socioparticipatif, on vous invite à investir à titre d’actionnaire dans une entreprise qui récolte des capitaux pour passer à la prochaine étape de son développement.

La contrepartie, ici, est un nombre d’actions variant en fonction de votre investissement, qui peut être minime (500 $) ou élevé (plus d’un million). La valeur de l’action est fixée par l’entrepreneur.

Chaque campagne a un objectif prédéterminé. Une entreprise peut mener une ou plusieurs campagnes, sur une ou plusieurs plateformes, ces dernières récoltant un pourcentage (entre 5 % et 8 %) des fonds recueillis.

Certaines vont éventuellement faire leur entrée en Bourse ou seront rachetées par une entreprise établie, récompensant du coup les investisseurs des campagnes d’investissement socioparticipatif initiales. Le cas le plus connu est Oculus Rift, achetée par Facebook pour 2 G$ US en 2014 : un investissement de 250 $ US dans Oculus Rift sur Kickstarter s’est traduit par un profit de 36 000 $ US. Au Québec, attendez-vous à un rendement plus modeste...

Vous l’avez compris, il s’agit de capital de risque pour des entreprises en démarrage, ou qui veulent passer en vitesse supérieure : centres de ski, microbrasseries, banques virtuelles, jeunes entreprises technos, agroalimentaires, de la santé ou touristiques, fonds d’investissement verts, médias alternatifs, placements immobiliers, etc.

Très populaire

Les entreprises qui se financent ainsi sont dirigées par des entrepreneurs passionnés, parfois très jeunes. Ils récoltent ainsi des fonds alors qu’ils n’ont souvent pas encore réalisé de profit.

Le marché canadien de l’investissement socioparticipatif dépasse désormais les 200 millions $. Aux États-Unis, on parle de 50 G$ CA. Au Royaume-Uni, c’est plus de 5 G$. Le Globe and Mail écrivait en 2016 que le marché canadien allait connaître une croissance annuelle de 275 % pour les prochaines années ! Il est encadré par les régulateurs comme l’Autorité des marchés financiers (AMF) : lorsque vous investissez dans une entreprise, on vous achemine prospectus et documents juridiques, et vous recevez un certificat pour vos actions.

Le Canada compte sept plateformes d’investissement socioparticipatif, considérées comme des fintech : CanaDragon, FontFundr, GoTroo, Liquid Crowd, RealStarter, StellaNova et Vested. FontFundr et Vested dominent. Un seul joueur est québécois : GoTroo, qui a 74 campagnes terminées et sept en cours.

Attention ! Il s’agit d’un investissement risqué et peu liquide. Il est pratiquement impossible de récupérer ses billes ou d’obtenir un rendement avant plusieurs années, notamment lorsque la compagnie entre en Bourse ou est achetée par une autre.

Vous devez donc faire vos devoirs d’investisseur : lire sur l’entreprise, vous informer sur ses dirigeants, son concept, ses produits et services. Et n’y consacrer qu’une petite part de votre fortune.


Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.