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Une famille lègue une terre pour protéger des espèces

Un sanctuaire pour oiseaux et chauves-souris au statut précaire a ainsi été créé

Notre-Dame-de-la-Merci
Photo courtoisie, Michel Leboeuf Cette portion de forêt à Notre-Dame-de-la-Merci, dans Lanaudière, a été léguée par la famille Jeanson à la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière. Elle deviendra un sanctuaire pour oiseaux, tels que la grive des bois

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JOLIETTE | Des oiseaux, des chauves-souris et des espèces d’arbres au statut précaire seront protégés grâce au don d’une famille qui lègue une forêt du nord de Lanaudière à un organisme de conservation de la flore et de la faune.

En recevant en héritage cette terre située à Notre-Dame-de-la-Merci à environ une heure et demie au nord de Joliette, les frères et sœur Hugo, Samuel et Caroline Jeanson n’ont pas hésité à en faire don à la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière, afin d’en préserver la nature sauvage à perpétuité.

L’organisme lanaudois protège déjà 10 territoires qui lui ont été légués par des particuliers ou des entreprises.

« Notre grand-père aurait sans doute approuvé notre démarche. C’était un homme très lucide qui se tenait au fait de l’actualité mondiale. Il aurait compris l’urgence de prendre soin de la nature », affirme Hugo Jeanson, copropriétaire d’un concessionnaire à Rawdon.

La forêt de 35 hectares, composée d’une mosaïque de 17 types d’arbres et traversée par la rivière Dufresne, est un lieu d’habitat pour plusieurs espèces d’oiseaux et de chauves-souris menacées.

Selon les inventaires préliminaires de la Fiducie, il y aurait présence de la paruline du Canada et de la grive des bois, de deux passereaux forestiers, de même que plusieurs espèces de chauves-souris, dont les chauves-souris rousses, cendrées et argentées, des espèces en situation précaire au Québec et au Canada.

La grive des bois
Photo courtoisie, United States Fish and Wildlife
La grive des bois

Postes d’observation

« C’est un très beau legs que fait cette famille, car le territoire comporte des milieux naturels d’intérêt, dont des marécages arbustifs et une grande tourbière boisée », dit Michel Lebœuf, directeur général de la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière.

Depuis peu, des postes d’observation ont été installés à 27 endroits sur le site, afin d’enregistrer les ultrasons émis par les chauves-souris.

« D’ici la fin juin, c’est le meilleur moment pour observer ces animaux, car ils sont en pleine période de reproduction. Ils vocalisent beaucoup et font plus de vols », explique M. Lebœuf.

Un sanctuaire

Selon le biologiste, cette portion de forêt pourrait devenir un sanctuaire pour ces espèces menacées.

« On note aussi la présence de peuplement d’épinettes noires et blanches, âgées de 60 à 80 ans. Ça nous indique qu’il s’agirait d’une petite enclave qui aurait échappé à l’exploitation forestière. »

L’organisme va désormais assurer la protection du site, qui est contigu au secteur nord du parc régional de la forêt Ouareau. Les territoires protégés sont destinés à rester sauvages et sont interdits aux motorisés.

« On n’empêche pas les promeneurs de fréquenter les sentiers s’il y en a, car après tout c’est un patrimoine qui appartient aux gens de Lanaudière, mais on n’autorise aucune cueillette ni chasse », explique M. Lebœuf.