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FEQ: alt-J, une tête d’affiche pas comme les autres

Alt-J
Photo d’archives, Wenn Alt-J

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Leur musique complexe, remplie de sons hétéroclites, touche à plusieurs styles. Quant à leurs textes, ils sont truffés de références littéraires. Parfois, quelques lignes en français côtoient même un échantillonnage de Miley Cyrus. Non, alt-J n’est vraiment pas une tête d’affiche comme on est habitués à en voir sur les plaines d’Abraham.

À l’invitation du Journal, le claviériste et chanteur Gus Unger-Hamilton décrit l’expérience d’un spectacle du groupe anglais pour ceux, et ils seront sûrement nombreux, qui les verront pour la première fois, à Québec.

«Il faut laisser ses sens être transportés par la musique. Ce n’est évidemment pas l’expérience de concert la plus folle. Vous ne verrez pas de mosh-pit. Parlons plutôt d’une belle expérience tridimensionnelle.»

Pour y arriver, le trio de Leeds doit trimer dur. Parce qu’adapter pour la scène des chansons aux structures inventives requiert de se casser la tête.

«Chaque fois qu’on termine un album, on se réserve une période d’environ six semaines pour trouver comment on va jouer les chansons en direct. Et d’album en album, les chansons deviennent de plus en plus complexes. C’est un défi, mais c’est amusant», dit Unger-Hamilton.

Hip-hop

La planète musique est tombée en amour avec alt-J en 2012. An Awesome Wave, leur toute première parution, avait reçu un accueil dithyrambique en plus d’obtenir le prestigieux prix Mercury décerné à l’album de l’année en Angleterre.

Deux autres albums ont suivi. Le dernier, Relaxer, sorti en 2017, a même eu droit à une version remixée, Reduxer, dans lequel alt-J a confié ses chansons à des artistes hip-hop comme Pusha T, Little Simz, Danny Brown et même le Français Lomepal.

Connaissant le penchant d’alt-J pour l’exploration sonore, on peut aisément penser que le hip-hop s’ajoutera à leur palette musicale.

«C’est possible, absolument. Nous avons eu du plaisir à réaliser cet album, et c’est bien de constater que nos fans, qui font partie de la jeune génération de mélomanes, sont ouverts à plus de styles musicaux que ceux qui les ont précédés.»

L’anonymat et Miley

Pour le volet mondain, sachez que les trois musiciens répondent parfaitement à la définition du terme anti-star.

Vous ne les verrez jamais dans les revues à potins et s’ils font une marche dans le Vieux-Québec, durant leur séjour chez nous, ils auront plus de chances d’être frappés par la foudre que de se faire quémander une photo ou un autographe.

Cet anonymat sied très bien aux trois gars, dit Unger-Hamilton. Ce qui ne les a pas empêchés, en 2014, de collaborer brièvement avec Miley Cyrus, pour qui les feux de la rampe constituent le pain quotidien.

On peut entendre sa voix sur le titre Hunger of the Pine. De son côté, Cyrus a longtemps repris la chanson Fitzpleasure, d’alt-J, durant ses concerts.

Bien que Miley Cyrus soit une grande fan du trio, leur collaboration et leurs échanges se sont arrêtés là, affirme Gus Unger-Hamilton.

«Je suis certain que si on se retrouvait au même endroit au même moment, on se reparlerait. Mais nous menons des vies très différentes...»

C’est le moins que l’on puisse dire.


► Le groupe alt-J sera la tête d’affiche de la soirée du 5 juillet, sur les plaines d’Abraham. Il sera auparavant à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, les 2 et 3 juillet, pour le Festival international de jazz de Montréal­­­.