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Vivre avec un handicap physique

Serge Leblanc
Photo courtoisie, Claude Lortie Serge Leblanc

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Ancien directeur de l’Association de paralysie cérébrale, pilier de 18 téléthons, conférencier, Serge Leblanc a parcouru le Québec, au cours de sa carrière, pour conscientiser le public à la condition des personnes handicapées. Dans une autobiographie préfacée par son ami Yvon Deschamps, il raconte sa vie personnelle et professionnelle avec son handicap physique : la paralysie cérébrale.

Dans son livre, il raconte sa vie quotidienne avec la paralysie cérébrale, une situation qu’il n’a jamais vue comme un obstacle. « Vous ne le savez peut-être pas, mais la paralysie cérébrale n’est pas une maladie : en fait, c’est un état non évolutif », précise-t-il dans son livre. « Mais qu’à cela ne tienne ! Jamais celui-ci ne m’a empêché, moi, d’évoluer comme être humain. »

Il partage les hauts, les bas, les batailles menées, les succès, les rencontres marquantes, les amitiés, les amours. Serge Leblanc a accompli quantité de choses dans sa vie, mettant entre autres sur pied 18 téléthons.

<b><i>Par-delà la paralysie cérébrale</i></b><br/>Serge Leblanc<br/>M Éditeur, 264 pages
Photo courtoisie, M Éditeur
Par-delà la paralysie cérébrale
Serge Leblanc
M Éditeur, 264 pages

« On ne peut pas avoir bourlingué toute sa vie aux quatre coins du ­Québec sans laisser de traces », écrit-il lorsqu’on lui demande ce qui l’a ­motivé à écrire son ­autobiographie. « Dans mon livre, il y a plusieurs points de vue, mais toujours un ­dénominateur commun : le bien-être de la personne handicapée en ­société. » Il souhaite ainsi « brasser les affaires » et provoquer la réflexion chez ses lecteurs.

Il y a encore beaucoup de chemin à faire dans la société québécoise, en matière d’intégration, un mot qui selon lui a été « galvaudé à toutes les sauces. » À titre d’exemple, au lieu de parler « d’intégration au travail », il suggère plutôt d’utiliser le mot « participation ».

Souffrir ? Non !

Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? « Ça fait 50 ans que j’entends parler des mentalités et dans 50 ans, nous en parlerons encore, c’est assez coriace, écrit-il. Regardez simplement le langage et des expressions comme “cloué à un fauteuil roulant”. Pourquoi ne pas dire “confiné à un fauteuil roulant”, ou “qui utilise un fauteuil roulant” ? »

« Le mot “souffrir” de paralysie cérébrale, non ! J’ai la paralysie cérébrale. Je connais des personnes qui n’ont pas de handicap et qui souffrent pas mal, mais pas moi. »

Serge Leblanc est fier d’avoir fait le tour du Québec pour s’adresser aux gens, pendant ses conférences, ses témoignages, ses animations et ses activités de partage. « J’évalue qu’un peu plus de 100 000 personnes m’ont entendu parler au cours de ces 45 dernières années. »

« À la fin de chacune de mes présentations, je faisais un tour de table pour obtenir les commentaires des participants et le plus beau que je pouvais entendre était : “Oui, mais Serge, t’es comme nous autres”. Voilà ce qui était de la belle musique à mes oreilles. »

Communiquer

Il souhaite que les gens communiquent avec authenticité et transparence, afin d’améliorer l’autonomie des personnes handicapées. « Pas de bullshit. Je suis conscient qu’il y a un pourcentage de personnes handicapées qui ne réussira jamais à atteindre un certain niveau intellectuel. Par contre, il y a un pourcentage de personnes handicapées non négligeable qui peut très bien communiquer. »