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Anna Reva et ses hommes

Anna Reva
Photo Réjean Tremblay Anna Reva n’est pas une gérante comme les autres. Ses hommes, elles les aime comme ses enfants.

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THETFORD | Anna Reva était superbe quand elle est entrée dans le centre Mario-Gosselin à Thetford. Dans son cas, superbe est une litote.

Une litote est un mot employé pour en dire plus que son sens premier. La litote suprême est celle de Chimène, qui lance à Rodrigue dans Le Cid de Corneille : « Va, je ne te hais point ». Elle veut lui crier : « Je t’aime à la folie ! »

Anna était à Thetford pour encourager et aider ses hommes. Sadriddin Akhmedov, Nurzat Sabirov et Aman Kazankapov, tous les trois du Kazakhstan, comme leur gérante.

Anna Reva n’est pas une gérante comme les autres. Ses hommes, elles les aime comme ses enfants. Et parce que ses boxeurs font littéralement partie de sa famille, elle a eu le cœur brisé à plusieurs reprises.

ARTUR BETERBIEV...

C’est Artur Beterbiev qui a porté le premier coup quand il a poursuivi Anna Reva pour se libérer de son contrat. En fait, Anna n’a jamais digéré la peine.

Ce qui s’est dit devant le juge l’a profondément marquée.

Elle a continué son implication auprès de ses boxeurs. Mais accueillir et voir aux besoins de jeunes Kazakhs qui ont le mal du pays, c’est une tâche colossale. Ils ont le goût de retourner à Almaty voir leurs proches, ils sont impatients de décrocher des combats de championnat du monde et les investissements exigés avant que l’argent des grands combats ne rentre dans les coffres pèsent lourd.

Mais Anna tenait bon. Malgré les turbulences de Batyr Jukembayev et les impatiences de Sadriddin Akhmedov, elle gardait la passion.

Mais le départ du beau Artur Ziyatdinov avec un gérant russe l’a ébranlée.

ABANDONNER ?

Le printemps dernier, Anna Reva a pensé tout abandonner. Mais il lui restait de bons boxeurs qui ont des chances d’atteindre les sommets des classements. Et qu’elle avait convaincus de venir à Montréal pour entreprendre leur carrière.

« Je n’ai pas la même ferveur, mais je continue. Je me suis engagée et je ne laisse pas tomber », a-t-elle dit en confirmant les informations.

Anna Reva est une femme d’affaires qui a fait fortune dans l’immobilier. Fille d’un président d’entreprise d’énergie au Kazakhstan, l’équivalent de notre Hydro-Québec, et d’une mère douée d’un sens aigu des affaires dans l’import-export, elle adore le Québec. Faut dire que sa maison aux murs couverts d’œuvres d’art, dans le coin de Rigaud, est magnifique, et qu’elle a plusieurs chevaux qu’elle peut monter même en hiver, sur un carrousel.

Dans le fond, ça serait bien qu’Anna Reva témoigne d’un peu moins de ferveur dans la boxe. Quand un de ses petits gars gagne, elle est le bonheur incarné. Mais quand il perd, elle souffre mille morts.

In medio stat virtus n’est pas la devise d’Anna...

EN DIRECT AU KAZAKHSTAN

L’annonceur maison Pierre Bernier avait appris quelques mots de kazakh. Il est déjà nerveux en français, alors vous pensez bien qu’il serrait fort son bout de papier avec sa phrase de bienvenue pour la télévision kazakhe.

C’est que le gala était retransmis en direct au réseau national Kazhar. Le signal et les images de Punching Grace, le réseau de Camille Estephan, étaient envoyés au Kazakhstan, et là-bas, le réseau les présentait sur son réseau numérique de base. Un animateur et un analyste étaient en studio. On aurait dit Québekhstan.

Pour Sadriddin Akhmedov et les autres Kazakhs d’Eye of The Tiger Management, c’était un grand soir. Ils savaient que parents et amis pourraient facilement suivre leurs exploits.

MARIE-ÈVE DICAIRE : LE TEMPS EST VENU

Marie-Ève Dicaire a livré un bon combat vendredi au Casino de Montréal. Selon mon expert favori Laurent Poulin, de Boxingtown, Marie-Ève progresse de combat en combat même si elle est déjà titulaire d’une ceinture de championne du monde.

Il est évident que son promoteur Yvon Michel va être bientôt confronté à un choix cornélien. Michel est tenté de protéger sa championne en lui trouvant des adversaires pas très dangereuses. Mais Marie-Ève Dicaire va vouloir gagner de meilleures bourses en sortant du Casino. Et elle aura envie de se mesurer aux vraies meilleures au monde. Selon Poulain, Marie-Ève pourrait affronter la grande vedette Claressa Shields, double médaillée d’or olympique, et tenir son bout.

« Elle connaîtrait ses moments et n’aurait pas l’air folle », de dire Poulin.

Et elle empocherait enfin les dollars dignes de son titre mondial. On verra bien, mais en attendant, elle fait progresser la boxe féminine au Québec.

ALEXIS DUCEPPE... ET LES BOYS

On en apprend toujours sur un plancher de boxe. Alexis Duceppe, le fils de Gilles Duceppe, ancien leader du Bloc québécois, va se présenter aux élections fédérales dans le comté Lac-Saint-Jean. Alexis est un perchiste qui a travaillé sur les plateaux de Lance et compte, Les Boys et le film sur les Canadiens. Il est maintenant installé au Lac et travaille à la papetière

Résolu. Si je vivais encore dans le comté, il aurait mon vote...


DANS LE CALEPIN – Les gens de Thetford ont bien fait les choses. Même que le restaurant La face de bœuf

offrait une bière à celui qui arracherait un sourire au patron de la Régie des alcools, des courses et des jeux, l’affable Michel Hamelin. Tout le monde a passé la soirée chez les AA.