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FEQ: un vent de changement souffle sur les plaines d’Abraham

La formation Imagine Dragons fera vibrer les plaines d’Abraham le samedi 13 juillet, à 21h30.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés La formation Imagine Dragons fera vibrer les plaines d’Abraham le samedi 13 juillet, à 21h30.

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Qui a dit que le Festival d’été n’attirait que des stars sur le déclin? Bien amorcé l’année dernière avec la venue de Lorde, The Weeknd et Shawn Mendes, le virage jeunesse du FEQ se poursuivra de plus belle sur les plaines d’Abraham, à partir du 4 juillet, grâce à la présence de deux des groupes les plus en vogue présentement sur la scène internationale, Imagine Dragons et Twenty One Pilots.

Dans son bureau de la Basse-Ville où trônent fièrement les affiches des programmations qu’il a concoctées au fil des ans, le programmateur Louis Bellavance se réjouit que les deux plus importantes têtes d’affiche de sa carte 2019 soient des formations «actuelles», dont à peu près personne n’avait encore entendu parler quand il a été nommé programmateur en chef du FEQ, à l’automne 2011.

«Je n’aurais pas cru cela possible il y a cinq ans», pense-t-il tout haut.

Louis Bellavance
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Louis Bellavance

Les vieux partent

Il est vrai que la tradition, sur les plaines d’Abraham, a toujours été d’y inviter des artistes au riche répertoire ayant connu, dans la grande majorité des cas, leurs heures de gloire au siècle dernier.

Au cours des dernières années, le haut de l’affiche a été confié à des artistes de la trempe d’Elton John, Metallica, Bon Jovi, Billy Joel, les Rolling Stones, Rammstein, les Foo Fighters, Stevie Wonder, Guns N’ Roses, Sting et Peter Gabriel. Quelques rares exceptions, comme Lady Gaga, ont secoué la règle sans la briser.

«Un signe des temps»

Voilà pourquoi un «1-2 punch» formé d’Imagine Dragons et Twenty One Pilots est inédit. Imagine Dragons a obtenu ses premiers grands succès en 2012. Pour Twenty One Pilots, c’est encore plus récent. En 2015.

«C’est un signe des temps. Ce n’est pas ma volonté. Les vieux rockeurs s’en vont. On les a faits et les gens ne veulent pas qu’on se répète d’année en année. Il y a un vent de changement, mais il n’est pas drastique non plus parce qu’on a Lynyrd Skynyrd et Blink-182. Mais ce ne sont pas les têtes d’affiche 1-2. Ce sont les 4-5.»

Foi de Louis Bellavance, les festivaliers de Québec feraient mieux de s’habituer. De plus en plus, les stars du FEQ seront des artistes qui ne comptent qu’un ou deux albums à leur actif.

«C’est un changement de culture qui fait en sorte qu’il y a une génération moins à l’affût de ces nouveaux bands qui risque d’avoir du mal à s’y retrouver. Mais la roue tourne. Il faut que je mette les plus gros noms possible sur les Plaines et on doit s’adapter.»

Certes, il sautera sur l’occasion si une tête d’affiche de type nostalgie se pointe l’an prochain. Mais Louis Bellavance est formel, Imagine Dragons et Twenty One Pilots étaient les deux plus gros noms disponibles sur le marché pour son édition 2019 et il n’y a pas de raison de croire que cette tendance jeunesse n’ira pas en s’accentuant.

Des milliers de fans de Billie Eilish n’attendent d’ailleurs sûrement qu’un signal pour envahir les Plaines.

Le rock, toujours numéro 1

Par contre, ce qui ne semble pas sur le point de changer, c’est l’amour des gens de Québec pour le rock. «C’est toujours notre créneau le plus fort», observe Bellavance.

Pendant que la plupart des grands festivals misent sur des vedettes issues des nouveaux courants de la musique urbaine, le FEQ, tel un village gaulois résistant obstinément à l’envahisseur, demeure résolument rock avec, outre ses deux principales têtes d’affiche, la présence de Slipknot, Blink-182, Lynyrd Skynyrd et Éric Lapointe.

«L’est du Québec, c’est vrai en Beauce, au Saguenay et au Bas-Saint-Laurent, est un marché qui répond majoritairement très fort au hard rock et au rock en général», soumet le programmateur.

Oui, mais pas trop

Si le rock est une valeur sûre, «un repli facile», dit Louis Bellavance, il ne faut pas abuser et il est essentiel de trouver le bon dosage entre les différentes variantes du rock.

Il garde en mémoire l’édition 2014 quand il avait réussi à épuiser les fans du genre en présentant coup sur coup The Killers, Queens of the Stone Age et Soundgarden.

«Nous avons frappé un mur. Ce fut le signal que nous étions allés trop loin. À un moment donné, j’ai pensé qu’on aurait pu faire 11 soirs de rock et avoir plus de succès. Ce n’est pas vrai, c’est une mauvaise perception. Ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas assez ça, mais 11 jours, c’est complètement fou. L’amateur de rock a besoin d’un break. En 2014, d’un soir de rock à l’autre, ça diminuait tout le temps. Pour assurer le succès du Festival d’été, il faut être varié.»