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Détention à vie pour avoir abattu la mère de ses filles

L’homme a également tenté de tuer trois policiers de la SQ en octobre 2017

Alain Castonguay
Photo courtoisie L’accusé Alain Castonguay, avant son arrestation survenue le 4 octobre 2017.

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SALABERRY-DE-VALLEYFIELD | Un aîné qui a abattu sa conjointe et tenté de tuer trois policiers « dans un épisode de folie meurtrière » a été condamné à la prison à vie.

Alain Castonguay devra passer au moins 12 ans derrière les barreaux avant d’être admissible à une libération conditionnelle, a tranché hier le juge de la Cour supérieure, Daniel Royer.

L’homme de 73 ans avait plaidé coupable le mois dernier du meurtre non prémédité de Johanne Chayer et des tentatives de meurtre des agents de la Sûreté du Québec Thomas Tremblay, Jean-Philippe Girard et Stéphane Côté, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Johanne Chayer.
Décédée
Photo tiré de Facebook
Johanne Chayer. Décédée

L’aîné a abattu la mère de ses deux filles le 3 octobre 2017. Le couple avait été marié pendant 22 ans, s’était séparé en 1994 et avait renoué quelques mois avant le crime.

Le soir du drame, une chicane a éclaté entre les conjoints et Castonguay a fait feu sur Mme Chayer avec une carabine de calibre .22, l’atteignant au bas de l’abdomen, sous le nombril.

« M’a mourir »

La dame de 65 ans a réussi à composer le 911, mais semblait incapable de répondre aux questions du répartiteur, d’après la retranscription de l’appel dont Le Journal a obtenu copie.

Le préposé a néanmoins décidé d’envoyer des policiers à la résidence de Salaberry-de-Valleyfield en entendant la femme dire : « Alain, j’[ai] une balle, non », « Bé, lâche-moi ! » et « À l’aide, m’a mourir ».

Quand les agents sont arrivés sur place, ils ont été accueillis par des tirs de l’accusé, un professeur retraité sans histoire.

Les policiers sont restés barricadés derrière leurs autopatrouilles plusieurs heures lors de l’intervention du 3 octobre 2017, sur la rue du Sentier, à Salaberry-de-Valleyfield.
Photo Agence QMI, Erik Peters
Les policiers sont restés barricadés derrière leurs autopatrouilles plusieurs heures lors de l’intervention du 3 octobre 2017, sur la rue du Sentier, à Salaberry-de-Valleyfield.

Celui-ci a fait feu au travers de la porte vitrée avec son arme de chasse pendant que les policiers tentaient de la défoncer.

L’agent Tremblay a été atteint par plusieurs projectiles – dont un qui s’est logé dans sa veste pare-balle –, en plus de recevoir des éclats de verre dans un œil.

Il en a conservé des séquelles malgré plusieurs chirurgies.

Lorsque les policiers sont entrés dans la maison, près de cinq heures plus tard, ils ont trouvé Castonguay étendu dans l’entrée avec une bouteille de Southern Comfort presque vide.

« Folie meurtrière »

L’aîné avait aussi consommé des médicaments pour tenter de rejoindre sa conjointe, trouvée dans le salon.

« Non seulement a-t-il empêché les policiers de venir en aide à sa conjointe, mais en plus, il s’est mis à décharger son fusil de chasse sur les policiers et leurs voitures dans un épisode de folie meurtrière », a fait valoir le juge Royer, précisant que la sentence aurait pu être plus sévère, n’eût été l’état d’esprit dépressif de l’accusé.

L’agent Jean-Philippe Girard (à droite) a reçu la Croix de bravoure l’an dernier pour avoir sauvé la vie de son partenaire Thomas Tremblay (à gauche) en le traînant sur une trentaine de mètres pour le mettre en sécurité derrière une voiture.
Photo Amélie St-Yves
L’agent Jean-Philippe Girard (à droite) a reçu la Croix de bravoure l’an dernier pour avoir sauvé la vie de son partenaire Thomas Tremblay (à gauche) en le traînant sur une trentaine de mètres pour le mettre en sécurité derrière une voiture.

Ce qu’ils ont dit

« Je voudrais m’excuser pour toute la souffrance que je vous ai causée, tant à mes deux filles, mes petits-enfants, la famille proche de mon ex-conjointe et à tous les agents de la paix, pour avoir commis des gestes irréfléchis. »

– Alain Castonguay

« Pourquoi avoir téléphoné à Johanne pour tenter de renouer la relation lorsque pendant 20 ans, tu lui démontrais de l’indifférence ? N’eût été cette rencontre, elle serait avec nous, avec beaucoup, beaucoup de belles années devant elle. »

– Normand, Sylvain et Yves Chayer, les frères de la victime

« La consommation d’alcool et d’antidé­presseurs a joué un rôle dans la tragédie qui est survenue. [...] Les propos tenus lors des appels 911 démontrent que M. Castonguay [qui ne cessait de répéter : “T’aimes-tu ça m’écœurer ?”] n’avait pas toute sa tête lorsqu’il a tué Johanne Chayer. »

– Le juge Daniel Royer