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L’Église émet de «sérieuses réserves» sur l’aquamation

Jusqu’à présent, peu d’entreprises funéraires ont investi dans cette technologie

Le développement de l’aquamation stagne au Québec. Alors q
Photo courtoisie « Il faut que ça devienne aussi simple à acquérir qu’un four crématoire. C’est ça, l’avenir. Si on retourne en arrière, les évêques n’étaient pas pour la crémation au début », rappelle Éric LeSieur, propriétaire du complexe funéraire LeSieur, à Granby.

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Le développement de l’aquamation stagne au Québec. Alors que l’Église émet de « sérieuses réserves » quant à cette disposition des corps, l’homme d’affaires de Granby, Éric LeSieur, affirme pour sa part que c’est la longueur du processus réglementaire qui en décourage plusieurs.

Pionnier dans le domaine de l’aquamation au Québec, le complexe funéraire LeSieur a traité près de 975 défunts depuis 2015 par hydrolyse alcaline et la demande est en progression. D’après les chiffres fournis par l’entreprise, en 2015 on dénombrait 76 aquamations contre 252 l’an dernier. Malgré l’intérêt que suscite ce procédé auprès de la clientèle, peu d’entreprises funéraires au Québec offrent le service.

« La démarche pour avoir les autorisations est longue. Pour ma part, cela m’a pris plus d’un an à avoir tous les permis. Le problème, c’est qu’on recommence à zéro à chaque demande. Il y en a pour qui c’est trop long. Il y a des maisons funéraires qui décrochent », a affirmé M. Le Sieur, propriétaire du complexe funéraire LeSieur.

Depuis la mise en service

À part Granby, une seule autre entreprise au Québec, située à Rouyn-Noranda, a fait l’acquisition de l’appareil qui permet l’aquamation. M. LeSieur, qui exploite une maison funéraire, est aussi distributeur pour le fabricant Bio-Response Solutions, basé aux États-Unis.

« J’ai facilement une dizaine de maisons funéraires qui sont intéressées et qui sont en démarche », a-t-il assuré.

Au ministère de l’Environnement, on indique que deux permis pour les humains et un permis pour les animaux sont en vigueur.

« Ce qui est problématique avec l’aquamation, c’est qu’il y a des résidus. Dans le cas de la crémation, ils sont déposés dans une urne qui est remise à la famille. On voit qu’il y a un respect accordé au corps jusqu’au lieu de mémoire. Avec l’aquamation, les résidus s’en vont à la décharge. Est-ce que c’est la façon la plus respectueuse de traiter un être cher ? », se questionne Mgr Pierre Murray, secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

« Nous avons de sérieuses réserves », ajoute-t-il.

Méconnaissance

M. LeSieur s’indigne de ces propos qui font preuve, selon lui, d’une méconnaissance de la technologie. L’hydrolyse alcaline consiste à plonger le corps dans une eau chauffée à 96 degrés Celsius dans laquelle on ajoute du potassium et du sodium pour accélérer la décomposition. Le corps est dissous dans l’eau qui retourne dans le système de traitement des eaux usées. Les os sont broyés et retournés aux familles.

« Ce qui passe par les égouts, c’est ce qui sort par la cheminée dans un four crématoire. On parle de particules qui retournent dans l’eau. C’est microscopique. Il n’y a aucun morceau solide qui peut sortir de ma machine », dit-il.

Pour obtenir un permis, il faut trois niveaux d’autorisation provenant de différents paliers de gouvernement.

Répartition des défunts en 2018 au Québec

  • 65,80 % non embaumés
  • 34,20 % embaumés
  • 79,22 % crémation
  • 20,29 % inhumation
  • 0,43 % hors Québec
  • 0,06 % don de corps

► Nombre de décès au Québec en 2017 : 66 300

Source : Corporation des thanatologues du Québec