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LNH: Des relations envenimées par les offres hostiles

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 En flirtant avec Sebastian Aho, Marc Bergevin est devenu le premier directeur général en l’espace de six ans à avoir l’audace de soumettre une offre hostile. 

 Chaque été, les amateurs s’amusent à spéculer sur cet outil controversé de la convention collective, mais plusieurs avaient cessé d’espérer, adoptant la maxime «je vais le croire quand je vais le voir». 

 Quoi qu’on dise sur les offres hostiles, elles apportent un aspect dramatique indéniablement divertissant. Elles rappellent également aux directeurs généraux qu’il n’y a pas d’amis en affaires. 

 Au cours des 15 dernières années, sept joueurs ont signé une offre hostile ayant été soumise par une équipe adverse. À seulement une occasion durant cette période, l’offre n’a pas été égalée et le joueur en question a changé d’équipe. Mais certaines relations entre directeurs généraux se sont envenimées... 

 Le TVASports.ca est revenu sur chacune des sept situations. 

 Ryan O’Reilly – 28 février 2013 

 Le directeur général des Flames de Calgary à l’époque, Jay Feaster, aurait pu regretter longtemps d’avoir soumis une offre de deux ans, d’une valeur de 10 millions $, au joueur de centre, qui appartenait alors à l’Avalanche du Colorado. 

 Comme O’Reilly avait joué deux matchs dans la Ligue continentale de hockey (KHL) après le début de la saison 2012-2013, il aurait dû passer par le ballottage si l’Avalanche n’avait pas répliqué pas dans le délai imparti de sept jours. Les Flames auraient donc pu gaspiller les choix de premier et deuxième tours qui devaient être cédés en guise de compensation! 

 Finalement, l’Avalanche a égalé l’offre la journée même. Heureusement pour Feaster, car on aurait pu assister à tout un gâchis! 

 Shea Weber – 18 juillet 2012 

 Le DG des Flyers de Philadelphie, Paul Holmgren, a mis tous ses jetons au centre de la table en offrant un contrat monstrueux de 100 millions $, répartis sur 14 années. 

 À l’époque, Weber avait terminé au deuxième rang du scrutin pour le trophée Norris et plusieurs observateurs le considéraient comme le meilleur défenseur de la Ligue nationale. 

 Le directeur général des Predators de Nashville, David Poile, avait promis qu’il égalerait toute offre hostile soumise à son défenseur étoile et il a tenu parole. 

 Holmgren, lui, a payé cher pour son audace. Il a avoué que ses relations avec ses homologues avaient changé depuis ce moment. Il a été réaffecté au poste de président, cédant le poste de DG à Ron Hextall. 

 Niklas Hjalmarsson – 9 juillet 2010 

 Hjalmarsson était alors un jeune défenseur de 23 ans et il venait de contribuer à la première conquête des Blackhawks de Chicago depuis 1961. 

 En raison du plafond salarial, les «Hawks» avaient été contraints de faire des sacrifices et laisser partir plusieurs joueurs qui les avaient aidés à soulever la Coupe Stanley. Les Sharks de San Jose ont flairé le sang. 

 L’équipe rivale de l’Association de l’Ouest a décidé d’allonger 14 millions $ sur quatre ans à Hjalmarsson pour combler le départ de son capitaine Rob Blake, qui prenait sa retraite. 

 Les Blackhawks ont finalement jugé que Hjalmarsson était un membre trop important de leur brigade défensive pour ne pas égaler l’offre. Dans le cas contraire, ils auraient reçu des choix de premier et deuxième tours. 

 David Backes (1er juillet 2008) et Steve Bernier (8 juillet 2008) 

 Tenez-vous bien. Ça commence à devenir encore plus croustillant. 

 Le 1er juillet 2018, Backes, alors âgé de 24 ans, signait une offre hostile de trois ans, d’une valeur de 7,5 millions $, soumise par les Canucks de Vancouver. Les Blues de St. Louis n’ont toutefois pas perdu de temps à l’égaler. 

 Or, quelques jours plus tard, les Blues ont retourné la politesse en faisant une offre d’une durée d’un an et d’une valeur de 2,5 millions $ à Steve Bernier. Les Canucks avaient fait son acquisition moins d’une semaine plus tôt. La formation canadienne a conservé son nouveau joueur en égalant la mise. 

 Thomas Vanek – 6 juillet 2007 

 Vanek venait d’éclore dans la LNH avec une saison de 84 points, dont 43 buts. 

 Les Oilers d’Edmonton ont déposé une offre de sept ans, d’une valeur de 50 millions $. Les Sabres de Buffalo avaient deux options: égaler ou accepter les quatre choix de premier tour en guise de compensation. 

 Fait très important à mentionner: on savait à ce moment que Daniel Brière et Chris Drury ne seraient pas de retour à Buffalo, eux qui s’étaient prévalus de leur autonomie. 

 Et si Vanek était devenu un membre des Oilers? Que serait-il advenu des deux équipes? Les Oilers n’auraient probablement pas commis l’erreur de soumettre une offre hostile à Dustin Penner. Les Sabres, eux, auraient pu mettre la main sur de brillants espoirs et – qui sait – n’auraient peut-être pas traversé une période de vache maigre au cours des dernières années. 

 Dustin Penner – 26 juillet 2007 

 À défaut de Vanek, Penner. Alors DG des Oilers, Kevin Lowe aurait probablement préféré rester les bras croisés, avec le recul. Mais son offre hostile de cinq ans à la hauteur de 21,25 millions $ aura donné droit à une bisbille mémorable entre deux hommes de hockey. 

 Une guerre de mots s’en est suivie. Selon ce que raconte Brian Burke – le DG des Ducks d’Anaheim à l’époque –, Lowe l’a mis au défi de se battre alors qu’il était en entrevue à la radio. Une invitation que Burke avait envie d’accepter. 

 «Je lui ai dit: “Je serai à Lake Placid pour le camp de l’équipe junior des États-Unis.” Je lui ai donné trois rendez-vous. Je lui ai dit que je réserverais une grange», a confié Burke à The Score, lorsqu’il est revenu sur les événements. 

 «On en était au point où Gary Bettman m’a appelé et m’a dit: "J’ai entendu que vous songez à vous battre. Si vous faites cela, je vais vous suspendre indéfiniment." Ça illustre à quel point la situation est devenue folle entre moi et Kevin.» 

 Burke n’était pas furieux car Lowe a emprunté l’avenue controversée de l’offre hostile, mais bien parce que le contrat proposé n’était pas rationnel, selon lui. 

 «Nous ne croyons pas que ce salaire a du sens, avait-il dit. Si c’est mon opinion et que j’égale l’offre, alors je suis aussi idiot que l’équipe qui l’a soumise.» 

 Penner est donc devenu un membre des Oilers et les Ducks, eux, ont accepté les choix de premier, deuxième et troisième tours en guise de compensation. Mais l’attaquant n’a pas rempli les attentes avec la formation albertaine. 

 Ryan Kesler – 12 septembre 2006 

 Âgé de 23 ans, Kesler était un joueur prometteur qui avait été choisi au 23e rang du repêchage de 2003. Il n’avait cependant pas encore éclos dans la LNH. 

 À ce moment, la dernière offre hostile – ou la dernière ayant été signée par un joueur, du moins – remontait à 1998. Les Hurricanes de la Caroline avaient tenté de s’approprier les services de l’attaquant des Red Wings de Detroit Sergei Fedorov en lui proposant un pacte de 28 millions $, d’une durée de six ans. 

 Les Flyers ont mis fin à cette période de huit ans sans offre hostile en présentant un contrat d’un an, d’une valeur de 1,9 million, à Kesler. Le défaut d’égaler l’offre envoyait un choix de deuxième tour aux Canucks, qui ont décidé de retenir les services de leur joueur de centre. 

 Les Canucks étaient très près du plafond salarial, mais personne ne vous dira qu’ils ont pris la mauvaise décision.

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