/opinion/blogs/columnists
Navigation

Ô Canada, terre de nos chicanes

Bloc fédéral drapeau canadien canada
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre du Manitoba, Brian Palister, voudrait que ses collègues des autres provinces s’unissent à lui pour dénoncer la loi sur la laïcité adoptée par l’Assemblée nationale du Québec. Les premiers ministres de l’Alberta et de la Saskatchewan voudraient traverser le Québec avec leur pétrole pour de nouveaux marchés d’exportation parce que la province leur serait redevable au nom de la péréquation.

Les chefs des partis fédéraux se languissent de nous tomber dessus, mais ils se retiennent à la veille des élections. La fierté a finalement très peu à voir en ce jour de fête de la Confédération qui finalement n’en est pas une!

Andrew Scheer profite de toutes les occasions pour "caler" le premier ministre Trudeau dans l’objectif évident de vouloir lui succéder. Toutefois, le chef conservateur ne s’embarrasse pas de causer des dommages collatéraux comme l’effondrement de SNC-Lavalin. Plus immoral encore, il se permet de faire le malin sur les difficultés rencontrées par le gouvernement avec la Chine comme s’il pouvait faire mieux en devenant premier ministre. Son attitude impétueuse révèle une méconnaissance hasardeuse des relations internationales et constitue un désopilant manque de respect pour les Canadiens détenus au pays de l’empire du Milieu. 

Jagmeet Singh a manifesté publiquement son désaccord avec le point de vue du gouvernement Legault sur l’interdiction du port de signes religieux pour les personnels de l’État en situation d’autorité. Parallèlement et tel un ponce Pilate, il se dégage de toutes responsabilités en invoquant que ce sont les affaires du Québec. Son comportement de racoleur en pleine veille électorale se comprend alors qu’il veut séduire le Canada anglais en montrant son horripilation tout en voulant conserver le reste de ses députés élus au Québec en faisant la belle aux caquistes. La séduction risque cependant de très peu opérer si on considère la sortie de l’ex-première ministre albertaine, Rachel Notley, qui étale son ressentiment et considère cette nouvelle loi raciste. Pour le Canada anglais, Singh ne va pas assez loin dans la dénonciation et pour le Québec, son mutisme sur les accusations de racisme choque.

Pour les Verts, la chef Elisabeth May a créé elle-même la tourmente avec son aile québécoise par ses positions sur la consommation intérieure de pétrole canadien et la poursuite de l’exploitation des sables bitumineux albertains. Il y a fort à parier qu’elle s’est disqualifiée en sol québécois et quelle ne pourra profiter de cette vague verte qui traverse plusieurs pays occidentaux devant l’urgence climatique.

Quant au Bloc québécois, il semble en voie de renaître de ses cendres et espère bonifier sérieusement son nombre de députés au Parlement fédéral afin de mieux faire valoir les intérêts du Québec et œuvrer à sa sortie du Canada. Dans les litiges en germination préparés par le gouvernement Legault, les occasions de clamer les aberrations du carcan canadien et la nécessité d’en sortir devraient abonder au goût du nouveau chef Yves-François Blanchet.

À un semblant de pays, un semblant de fête nourri à l’enseigne du multiculturalisme tentera de faire croire à un semblant d’unité!