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Comment se passera l'arrêt des traitements de Vincent Lambert?

Comment se passera l'arrêt des traitements de Vincent Lambert?
AFP

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PARIS | Comment va se passer l'arrêt des traitements du Français Vincent Lambert, tétraplégique suite à un accident en 2008? Quelle différence avec l'euthanasie? Ce processus, qui reprend mardi après une décision de la Cour de cassation, obéit à un cadre strict, du point de vue de la loi comme de l'éthique.

Comment arrête-t-on les traitements?

Les médecins vont arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert, tout en mettant en oeuvre une «sédation profonde et continue» jusqu'à sa mort.

Cette procédure est encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté, mais autorise l'arrêt des traitements en cas «d'obstination déraisonnable».

Selon cette loi, les traitements peuvent être «suspendus» lorsqu'ils «apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie».

La décision doit être prise par les médecins de façon «collégiale».

Quand une personne ne peut exprimer sa volonté, comme Vincent Lambert, la «sédation profonde et continue jusqu'au décès» est «une mesure de précaution» pour être sûr «que le patient ne souffre pas», recommande la Haute autorité de santé.

Pour la sédation, on utilise le midazolam en intraveineuse. Ce médicament de la famille des benzodiazépines est puissant et son action rapide.

Avec l'arrêt simultané de l'hydratation et de l'alimentation, la mort survient aux alentours d'une semaine, explique à l'AFP le Dr Bernard Devalois, spécialiste des soins palliatifs à Bordeaux.

Lambert va-t-il mourir de faim et de soif?

C'est l'argument des opposants à l'arrêt des traitements, dont ses parents soutenus par des associations catholiques. Au-delà du cas Lambert, l'argument est également utilisé dans un camp pourtant diamétralement opposé: les militants pro-euthanasie, qui jugent que la loi Claeys-Leonetti ne va pas assez loin pour les patients incurables.

Cet argument est en revanche réfuté par les spécialistes des soins palliatifs. «Vincent Lambert n'aura ni faim ni soif, il va mourir naturellement en quelques jours», fait valoir le Dr Devalois.

«Dans le cas de M. Lambert, il n'y a pas de sensation de soif: pour avoir soif, il faut avoir conscience» souligne-t-il.

Par ailleurs, la déshydratation peut renforcer le processus de sédation, car l'insuffisance rénale qu'elle provoque entraîne des phénomènes naturels d'endormissement.

À quoi sera due sa mort?

À la défaillance des organes, qui cesseront de fonctionner après l'arrêt des traitements. En raison de l'insuffisance rénale, le potassium s'accumulera dans le sang et finira par provoquer l'arrêt du coeur.

L'équipe soignante se doit d'accompagner le patient jusqu'au bout, avec des soins comme la toilette, le toucher-massage, les soins de bouche (compresses humidifiées contre la sécheresse...) ou des yeux (gouttes).

Le processus «n'est pas un arrêt des soins, c'est un arrêt du maintien artificiellement en vie», souligne le Dr Devalois. «C'est une application exemplaire de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l'acharnement», insiste le médecin, «cela n'a rien à voir avec l'euthanasie par injection létale comme en Belgique».

Où en est le débat sur l’euthanasie?

Ce débat très sensible, qui fait appel aux convictions éthiques et religieuses de chacun, a été relancé l'an dernier en France lors des États généraux de la bioéthique. Mais le gouvernement n'a finalement pas inclus la question de l'euthanasie dans la prochaine loi de révision de la bioéthique.

Mais les experts consultés ont cependant souligné qu'il fallait garantir un meilleur accès aux soins palliatifs.