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Les demandes d'aide au logement ont quadruplé en un an à Montréal

Les demandes d'aide au logement ont quadruplé en un an à Montréal
Photo Béatrice Roy-Brunet

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Quatre fois plus de ménages montréalais qu’en 2018 ont demandé cette année de l’aide à l’Office municipal d’habitation (OMHM) dans la crainte de ne pas se trouver un logement, à l’aube du 1er juillet.

Près de 300 ménages de la métropole ont appelé à l’OMHM, alors que ce nombre s’élevait à 74 l’année dernière. Autour d’une centaine de foyers montréalais n’avaient toujours pas trouvé de logement mardi matin.

«Cette année, on pourrait résumer la situation en disant qu’il y a eu une crise et qu’il y a eu une mauvaise gestion de la crise. Notamment par le gouvernement du Québec, mais aussi par la Ville de Montréal et d’autres municipalités», a avancé Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, lors d’un point de presse mardi.

L’organisme a indiqué avoir sonné l’alarme il y a plusieurs mois concernant la rareté des logements locatifs. «C’était nouveau qu’au Québec, on ait un seuil d’inoccupation qui baisse sous le seuil de 3%. À Montréal, ça faisait 14 ans qu’il n’avait pas été aussi bas», a-t-elle ajouté.

Aide tardive

Le regroupement a déploré l’aide tardive apportée aux nombreux ménages en recherche de logements. Les réponses de la ville ont également été «indécentes» et «sources d’anxiété» pour certains, a-t-il dénoncé.

«Beaucoup de ménages n’ont reçu pour toute aide de la part de la ville que des listes de logements souvent trop chers pour se loger et se sont fait demander de trouver un plan B», a indiqué Céline Magontier, responsable des dossiers montréalais au FRAPRU.

L’aide d’urgence, annoncée par le gouvernement du Québec, se fait également toujours attendre pour certains locataires. «On attend toujours, dans le cas de Montréal, de leur octroyer une telle aide d’urgence», a ajouté Mme Laflamme.

Situation de «crise»

L’organisme, qui a qualifié la situation de «crise», a rappelé que la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avaient toutes deux nié l’existence d’une crise du logement.

Alors que le taux d’inoccupation des logements locatifs se situe à 1,9 % dans la région métropolitaine de recensement de Montréal, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) reconnaît que la situation est «plus difficile».

«C’est certain que lorsque le taux se resserre en bas de 2 %, ça devient peut-être un peu plus fréquent pour certains ménages d’avoir de la difficulté à trouver un logement dans la région de Montréal», a expliqué Francis Cortellino, économiste à la SCHL.

- Avec la collaboration d'Elsa Iskander, 24 Heures