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Un beau coup d’échec

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J’adore l’offre hostile de Marc Bergevin au jeune Sebastian Aho des Hurricanes de la Caroline. C’est un beau coup d’échec et ça fait plus d’un an qu’il prépare cette attaque. 

On ne connaîtra le dénouement de cette agression que dans les prochains jours, mais Bergevin a fait preuve d’audace et je suis convaincu qu’il avait déjà ce plan en tête l’an dernier lorsqu’il a expédié les Alex Galchenyuk et Max Pacioretty sous d’autres cieux. 

Bergevin est impliqué dans une longue partie d’échecs et il s’est également donné une marge de manœuvre en libérant le salaire d’Andrew Shaw. 

Le fait qu’Aho, 21 ans, ait accepté les modalités du contrat met énormément de pression sur les Hurricanes, surtout que la grosse part de la rémunération sera offerte en boni. 

C’est facile de dire que les Hurricanes n’ont qu’à égaler l’offre, qu’ils se doivent de garder leur jeune joueur vedette, mais la structure du contrat est un irritant majeur pour le propriétaire des Hurricanes et il est très possible qu’il n’égale pas l’offre. Ça leur fait mal. 

Le Canadien est une équipe riche et ça joue à son avantage. Bergevin a bien joué ses pions et il a attendu au bon moment. 

Nouvelle tendance ? 

 Bergevin vient possiblement de créer une nouvelle tendance. Il a appris de ses erreurs et des nombreuses erreurs d’autres directeurs généraux qui ont fréquemment offert des contrats de trop longue durée à des joueurs de 28, 29 et 30 ans qui finissent par devenir des fardeaux. 

 Si jamais Aho se retrouvait à Montréal, ça serait un coup de maître. Bergevin aurait encore du temps pour aller se chercher un défenseur de premier plan et les Canadiens deviendraient une équipe redoutable pour quelques années. 

 Je pense que Bergevin vient d’ouvrir une nouvelle porte et qu’il sera imité. Il vient peut-être aussi de refroidir cette tendance de longs contrats aux joueurs trentenaires. 

 Le Canadien veut gagner 

 Chose certaine, Bergevin et Geoff Molson viennent de prouver à leurs partisans et à leurs joueurs qu’ils sont sérieux et veulent gagner la coupe Stanley. 

 Par ailleurs, quelques récents événements donnent du crédit aux évaluations de Bergevin, soit les échanges de P.K. Subban, Alex Galchenuyk et les rumeurs concernant Max Pacioretty. 

 Bergevin a gagné beaucoup de points, cette semaine. 

 Kinkaid, du progrès, mais... 

 Keith Kinkaid sera le gardien auxiliaire de Carey Price. C’est un progrès par rapport à Antti Niemi, mais je suis tout de même un peu déçu. Le gardien québécois Louis Domingue était disponible et j’aurais aimé le voir à Montréal. Dommage. Je sais qu’il voulait jouer pour les Canadiens. 

 Je suis aussi surpris dans le cas de Kinkaid. Je croyais que Bergevin miserait sur un gardien plus réputé, comme Curtis McElhinney. Kinkaid n’a pas connu une grosse année au New Jersey et il a peu joué en fin de saison avec les Blue Jackets de Columbus. 

 Cela dit, Kinkaid est un bon gardien et c’est un vrai compétiteur. Comme plusieurs gardiens issus des rangs collégiaux (Union College), il a eu de la difficulté à s’adapter au hockey professionnel, mais mon ancien entraîneur, Roland Melanson, a su lui inculquer de bonnes habitudes et il l’a fait progresser chez les Devils du New Jersey. 

 Stéphane Waite saura certainement poursuivre le travail et Price sera un excellent modèle pour lui. Kinkaid est emballé de venir à Montréal, mais comme il n’a qu’un contrat d’un an, il n’aura d’autre choix que de performer, et ce, dès le camp d’entraînement. 

 Il ne peut rien tenir pour acquis et si jamais Charlie Lindgren connaissait un gros camp, la situation pourrait être renversée rapidement. 

 -Propos recueillis par Gilles Moffet 

 Entrefilets 

 Combien de matchs ?  

J’ai hâte de voir comment Claude Julien utilisera Keith Kinkaid. On veut réduire la charge de travail de Price (66 matchs en 2018-19), mais n’oublions pas qu’il a été au sommet de sa forme en deuxième moitié de saison lorsqu’il jouait tous les soirs. L’utilisation de Kinkaid va dépendre de ses propres performances, mais aussi de l’état de santé de Price et de la position des Canadiens au classement. Normalement, il devrait jouer autour de 25 matchs.  

  

 Les beaux mots de Duchene  

Les Predators de Nashville sont une meilleure équipe avec Matt Duchene. Je ne suis pas son plus grand admirateur et il aurait aidé les Canadiens, mais malgré ses belles paroles, je ne crois pas qu’il voulait vraiment jouer à Montréal. Lorsque tu tiens à jouer avec une équipe, tu trouves un moyen de t’entendre avec elle, un peu comme Artemi Panarin, qui a préféré les Rangers de New York aux Islanders, même si ces derniers lui ont présenté une meilleure offre.  

  

 Luongo, le dernier d’une lignée  

Je tiens à féliciter Roberto Luongo pour sa brillante carrière. Il est maintenant à la retraite et il fera rapidement son entrée au Temple de la renommée. Roberto est le dernier gardien de la grande vague québécoise des années 1990. C’est la fin d’une lignée. Il reste toujours Marc-André Fleury, mais il est arrivé un peu plus tard. En 2011, Luongo n’était qu’à une victoire de gagner la coupe Stanley et ça doit le ronger, mais il peut être fier de sa carrière exceptionnelle.  

  

 Attention aux Panthers  

De toute évidence, le directeur général des Panthers de la Floride, Dale Tallon vise la coupe Stanley. Les Panthers possédaient déjà un bon noyau, et après l’embauche de Joel Quenneville comme entraîneur-chef, voilà que le gardien Sergei Bobrovsky s’amène chez eux avec un contrat comparable à celui de Carey Price. Et ce n’est pas tout. Tallon a aussi mis la main sur le défenseur Anton Stralman ainsi que sur les attaquants Brett Connolly et Noel Acciari. Les Panthers seront assurément des prochaines séries éliminatoires.