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Comment maintenir l’espoir?

Comment maintenir l’espoir?
Photo d’archives, Chantal Poirier

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Les Hurricanes n’ont pas perdu de temps. Il aurait été trop beau pour le Canadien qu’ils n’égalent pas l’offre hostile soumise à leur joueur numéro un, Sebastian Aho.  

La nouvelle n’est pas vraiment décevante, car on se doutait bien de la façon dont finirait cette histoire.  

N’empêche que c’est un dur coup pour Marc Bergevin et le Canadien. Car après avoir perdu à la loterie Duchene, l’organisation savait qu’elle devait tenter un autre grand coup.  

Je me répète, mais après la saison encourageante du Tricolore, ses partisans souhaitent ardemment que l’équipe poursuive sur sa lancée la saison prochaine. Un recul au classement ne serait pas acceptable.  

Geoff Molson et Bergevin le savent plus que quiconque. Ils doivent maintenir l’espoir, mais comment?  

Moqueries  

Bergevin a tenté un coup qui avait peu de chances de réussir. Les opinions sont divisées. Il y a ceux qui disent qu’il a le mérite d’avoir tenté sa chance et ceux qui pensent que le directeur général du Canadien aurait dû pousser son offre au maximum.  

À cet égard, son homologue des Hurricanes, Don Waddell, a ouvert le bal en déclarant, le jour du dépôt de l’offre, qu’il s’attendait à une proposition plus musclée.  

Hier, au réseau TSN, l’ancien directeur général des Flames de Calgary et ex-recruteur en chef des Stars de Dallas, Craig Button, a qualifié l’offre de ridicule.  

Forme de collusion  

Mais que Bergevin ait perdu des appuis dans sa confrérie est beaucoup plus risible. Car s’il est une règle idiote dans la convention collective de la LNH, c’est bien celle concernant les joueurs autonomes avec restrictions.  

Elle est tout ce qu’il y a de plus légale. Elle est là, dans l’épais document, écrite noir sur blanc. C’est dans les règles.  

Or, les directeurs généraux craignent de s’en servir de peur de déplaire à leurs homologues et de faire monter les enchères.  

Ça s’appelle de la collusion.  

Au baseball, ça ne passerait pas. Les joueurs traîneraient les propriétaires en cour.  

Les «Canes» ont déjà tenté le coup  

Au hockey, un directeur général qui outrepasse cette règle non écrite de ne pas toucher à un joueur autonome avec restrictions risque même de recevoir un poing sur la gueule.  

C’est ce que Brian Burke voulait faire à Kevin Lowe lorsque ce dernier, alors directeur général des Oilers d’Edmonton, avait présenté une offre hostile à Dustin Penner, un mois après que celui-ci eut aidé les Ducks d’Anaheim à remporter la première coupe Stanley de leur histoire, en 2007.  

Lowe l’avait mis au défi de se battre. Il avait fallu que Gary Bettman mette fin à leur enfantillage.  

Une dizaine d’années plus tôt, Sergei Fedorov avait signé une proposition de contrat que lui avaient présentée, tiens donc, les Hurricanes de la Caroline.  

Le propriétaire des Red Wings de Detroit, Mike Ilitch, qui est décédé il y a deux ans, en avait voulu à Peter Karmanos, propriétaire majoritaire des Hurricanes, jusqu’à l’entrée en scène de Tom Dundon il y a deux ans aussi.  

Fondateur de la compagnie Compuware, Karmanos était concitoyen d’Ilitch à Detroit, lui qui a fait fortune avec les pizzerias Little Caesar’s.  

Pour sa part, l’ancien DG des Flyers, Paul Holmgren, qui exerce les fonctions de président aujourd’hui, raconte avoir été mis sur une liste noire quand il a fait une offre hostile à Shea Weber, alors avec les Predators de Nashville.  

Pas à l’aise  

On a senti Bergevin mal à l’aise, lundi après-midi, lorsqu’il a confirmé avoir fait une offre à Aho. On aurait dit qu’il aurait préféré être partout sauf devant un lutrin à répondre aux questions des journalistes.  

Il n’a pas paru convaincant quand il a déclaré ne pas avoir de faveurs à rendre aux autres équipes et que ce qui compte, pour lui, c’est le Canadien.  

Si son offre était agressive, ça ne se traduisait pas dans ses réponses et son langage corporel. Il était sur la défensive.  

Mais il ne s’est pas créé que des ennemis. S’il a perdu un partenaire pour discuter transactions avec Waddell, il s’est fait en revanche des amis au sein de la colonie des agents et des joueurs.  

Ça pourrait lui rapporter un jour, qui sait?

D’autres solutions  

Marc Bergevin n’a pas voulu commenter la décision des Hurricanes, hier. C’est compréhensible. Qu’est-ce qu’il aurait pu dire ? Il rencontrera probablement les journalistes quand il aura du nouveau à annoncer.  

Reste à savoir quand, et ce que ça sera.  

Il y a encore de la marchandise intéressante sur le marché des joueurs autonomes.  

Dzingel et Ferland...  

L’attaquant Ryan Dzingel vient de connaître la saison la plus productive de sa carrière. Il a inscrit 26 buts et récolté 30 mentions d’aide avec les Sénateurs d’Ottawa et les Blue Jackets de Columbus. Âgé de 27 ans, il a touché un salaire annuel de 1,8 million au cours des deux dernières saisons.  

Micheal Ferland est un autre cas intéressant. C’est un Nicolas Deslauriers avec des mains plus agiles. Colosse de 6 pi 1 po, 217 livres, il a marqué 17 buts et totalisé 40 points avec les Hurricanes de la Caroline la saison dernière. L’année précédente, il avait récolté 41 points, dont 20 buts, avec les Flames de Calgary.  

Son salaire annuel s’élevait à 1,75 million au cours des deux dernières campagnes.  

Il y a lieu de penser que Dzingel et Ferland recherchent de bonnes augmentations. Mais Bergevin dispose de beaucoup de place dans sa masse salariale.  

Chez les défenseurs, Jake Gardiner (62 matchs, 3 buts, 27 passes pour 30 points) est toujours disponible. Mais les partisans des Maple Leafs de Toronto, avec qui il a empoché 4,05 M$ la saison dernière, vous diront qu’il est gaffeur à mort.  

... Ou des transactions  

Bergevin pourrait tout aussi bien transiger. La masse salariale des Golden Knights de Vegas dépasse de quelques millions le plafond de 81,5 millions. Ils ont plusieurs attaquants grassement payés. Mais ne vous inquiétez pas, Max Pacioretty ne reviendra pas à Montréal. On jase, là.  

Le chandail du Canadien ferait bien à Jonathan Marchesseault, mais son contrat comporte une liste comprenant huit équipes auxquelles il ne veut pas être échangé. Le Tricolore y figure peut-être.  

Eh misère!  

Bergevin doit souhaiter que Nick Suzuki et Ryan Poehling fassent le club en octobre...